Coictier. rois
534 LE XVIle SIECLE PAR LES TEXTES
saints, et de ma petite Notre-Dame de plomb ^ que je baisais dès que je voulais faire un mauvais coup; enfin de la croix de Saint-Lo -, par laquelle je n'osais jurer sans vouloir garder mon serment parce que j'aurais cru mourir dans l'année si j'y avais manqué. Tout cela est fort ridicule.
Commises. — Tout cela n'est-il pas vrai ? Pouvais-je le taire ?
Louis. — Vous pouviez n'en rien dire.
CoMMiNES. — Vous pouviez n'en rien faire.
Louis. — Mais cela était fait et il ne fallait pas le dire.
CoMMîNES. — Mais cela était fait et je ne pouvais le cacher à la postérité.
Louis. — Quoi ! ne peut-on pas cacher certaines choses ?
Communes. — Eh ! croyez-vous qu'un roi puisse être caché après sa mort comme vous cachiez certaines intrigues pendant votre vie ? Je n'aurais rien sauvé pour vous par mon silence, et je me serais déshonoré. Contentez-vous que je pouvais^ dire bien pis et être cru ; mais je ne l'ai pas voulu faire.
Louis. — Quoi ! l'histoire ne doit-elle pas respecter les rois ?
CoMMiNES. — Les rois ne doivent-ils pas respecter l'histoire et la postérité, à la censure de laquelle ils ne peuvent échapper? Ceux qui ne veulent pas qu'on parle mal d'eux n'ont qu'une ressource, qui est de bien faire.
(Ibid.)