‹ Le 17e Dix-septième siècle par les textes, morceaux choisesChapitre 48 sur 511 · LES MÉCHANTS POETES · texte numérisé non relu

LES MÉCHANTS POETES

Or. laissant tout ceci, retourne à nos moutons \ Muse, et, sans varier -, dis-nous quelques sornettes De ^ tes enfants bâtards, ces tiercelets de poètes *, Qui par les carrefours vont leurs vers grimaçants '", Qui par leurs actions font rire les passants ; Et. quand la faim les point •"', se prenant sur le vôtre '^, Comme les étourneaux ils s'affament l'un l'autre.

Cependant, sans souliers, ceinture, ni cordon, L'œil farouclie et troublé, l'esprit à l'abandon. Vous viennent ^ accoster comme personnes ^ ivres Et disent pour bonjour : Monsieur, je fais des livres ; On les vend au Palais ^" ; et les doctes du temps, A les lire amusés, n'ont autre ^^ passetemps. »

De là, sans vous laisser, importuns ils vous suivent, Vous alourdent ^^ de vers, d'allégresse vous privent, Vous parlent de fortune, et qu'il ^^ faut acquérir Du crédit, de l'honneur, avant que de ^^ mourir ; Mais que, pour leur respect ^^, l'ingrat siècle où nous sommes Au prix de la vertu n'estime point les hommes ;

1. Belourne à nos moutons. Ex- 1res fréquente à cette époque, non pression proverbiale-, qui remonte seulement pour le neutre (cf. p. 16, à la farce de Patelin. n. 1), mais pour les deux autres

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