L'ÉDUCATION DU DUC DE BOURBON
]\Ionseigneiir,
Comme mon unique application est d'avancer les études de M. le duc de Bourbon, et que je travaille à cela à Versailles du matin au soir sans nul relâchement, ma plus grande joie aussi est d'en rendre compte à Votre Altesse Sérénissime. Je m'abstiens souvent de lui écrire afin de ne point tomber en des redites, et j'attends quelquefois que nous ayons passé à des choses nouvelles, afin qu'elle en soit exactement informée, et de tout le chemin que nous faisons.
J'entrerai demain dans l'histoire de Charles VIII ; la vie de Louis IX nous a menés au-delà de ce que je pensais, soit par le nombre et l'importance des événements, soit aussi faute du temps, que je partage avec bien des maîtres. Je fais voir l'Italie à Son Altesse, pour la mener de là en Hongrie, en Pologne, et dans les Etats du Turc en Europe ; je lui ai appris ces derniers jours la Suède, le Danemark, la Scandinavie et l'Angleterre avec l'Ecosse et l'Irlande, assez scrupuleusement. Nous avons achevé de M. Descartes ce qui concerne le mouvement ^ J'ai rebattu ^ les généalogies que je lui ai déjà enseignées, et vais entrer dans celles des maisons de Saxe, Lorraine, Holstein, Savoie et peu d'autres ^ qui sont entrées dans votre branche des Bourbons. Des fables ^ nous en sommes au huitième livre, et il les retient avec la faciUté ordinaire. Il avance aussi beaucoup dans la connaissance de la maison du Roi, du moins
1. La seconde partie des Principes 3. Peu d'autres. Quelques autres, de la philosophie. 4. Des fables. Quant aux fables. —