‹ Le 17e Dix-septième siècle par les textes, morceaux choisesChapitre 91 sur 511 · Glais. Glaïeuls. (cf. p. .31, n · texte numérisé non relu

Glais. Glaïeuls. (cf. p. .31, n

5. Le r/jboyei/r/m. Le chasseur rusé. 8. Dessus. Sur. Cf. n. 2.

SAIXT-AMAXD 89

Nulle charrette ni bateau, Depuis que l'un et l'autre dure ; Jamais voyageur altéré N'y fit servir sa main de tasse ; Jamais chevreuil désespéré N'y finit sa vie à la chasse ; Et jamais le traître hameçon N'en fit sortir aucun poisson.

Que j'aime à voir la décadence

De ces vieux châteaux ruinés,

Contre qui les ans mutinés

Ont déployé leur insolence !

Les sorciers y font leur sabbat ;

Les démons follets ^ s'y retirent,

Qui d'un malicieux ébat

Trompent nos sens et nous martyrent - ;

Là se nichent en mille trous

Les couleuvres et les hiboux.

L'orfraie, avec ses cris funèbres,

Mortels augures des destins,

Fait rire et danser les lutins

Dans ces lieux remplis de ténèbres.

Sous un chevron de bois maudit

Y branle le squelette horrible

D'un pauvre amant qui se pendit

Pour une bergère insensible

Qui d'un seul regard de pitié

Ne daigna ^ voir son amitié * !

1. Démons follets. Lutins qui se basses circonstances qu'il y mêle,

plaisent à folâtrer. C'est ce qu'on peut voir dans son

ia2. Martyrent. Martyrisent, tour- ode intitulée la Solitude, qui est

mentent. Cf. p. 83, n. 5. son meilleur ouvrage, où, parmi

3. Ne daigna. Ne daigna pas. un fort grand nombre d'images Cf. p. 18, n. 3. agréables , il vient présenter mal

4. « Ce poète avait assez de génie à propos aux yeux les choses du pour les ouvrages de débauche et de monde les plus affreuses, des crasatire outrée, et il a même parfois pauds et des limaçons qui bades boutades assez heureuses dans vent, » etc. (Boileau, Vi' Réflexion lesérieux. Mais il gâte tout par les sur Longin).

Aussi le Ciel, juge équitable, Qui maintient les lois en vigueur, Prononça contre sa rigueur Une sentence épouvantable.

Autour de ces vieux ossements Son ombre, aux peines condamnée, Lamente en longs gémissements Sa malheureuse destinée, Ayant, pour croître ^ son effroi.

Toujours son crime devant soi.

Là se trouvent sur quelques marbres

Des devises du temps passé ;

Ici l'âge a presque effacé

Des chiffres taillés sur les arbres ;

Le plancher du lieu le plus haut

Est tombé jusque dans la cave,

Que la limace et le crapaud

Souillent de venin et de bave :

Le lierre - y croît au foyer,

A l'ombrage d'un grand noyer

Là-dessous s'étend une voûte Si sombre en un certain endroit Que, quand Phébus y descendrait % Je pense qu'il n'y verrait goutte.

Le Sommeil aux pesants soucis.

Enchanté * d'un morne silence ^ Y dort, bien loin de tous soucis, Dans les bras de la Nonchalance, Lâchement couché sur le dos Dessus ^ des gerbes de pavots. \

Au creux de cette grotte fraîche Où l'Amour se pourrait geler "

1. Croî/re. Accroître. Cf. p. 43, n. 1. 5. D'un, Par un. Cf. p. 11, n. 2.

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