Glais. Glaïeuls. (cf. p. .31, n
5. Le r/jboyei/r/m. Le chasseur rusé. 8. Dessus. Sur. Cf. n. 2.
SAIXT-AMAXD 89
Nulle charrette ni bateau, Depuis que l'un et l'autre dure ; Jamais voyageur altéré N'y fit servir sa main de tasse ; Jamais chevreuil désespéré N'y finit sa vie à la chasse ; Et jamais le traître hameçon N'en fit sortir aucun poisson.
Que j'aime à voir la décadence
De ces vieux châteaux ruinés,
Contre qui les ans mutinés
Ont déployé leur insolence !
Les sorciers y font leur sabbat ;
Les démons follets ^ s'y retirent,
Qui d'un malicieux ébat
Trompent nos sens et nous martyrent - ;
Là se nichent en mille trous
Les couleuvres et les hiboux.
L'orfraie, avec ses cris funèbres,
Mortels augures des destins,
Fait rire et danser les lutins
Dans ces lieux remplis de ténèbres.
Sous un chevron de bois maudit
Y branle le squelette horrible
D'un pauvre amant qui se pendit
Pour une bergère insensible
Qui d'un seul regard de pitié
Ne daigna ^ voir son amitié * !
1. Démons follets. Lutins qui se basses circonstances qu'il y mêle,
plaisent à folâtrer. C'est ce qu'on peut voir dans son
ia2. Martyrent. Martyrisent, tour- ode intitulée la Solitude, qui est
mentent. Cf. p. 83, n. 5. son meilleur ouvrage, où, parmi
3. Ne daigna. Ne daigna pas. un fort grand nombre d'images Cf. p. 18, n. 3. agréables , il vient présenter mal
4. « Ce poète avait assez de génie à propos aux yeux les choses du pour les ouvrages de débauche et de monde les plus affreuses, des crasatire outrée, et il a même parfois pauds et des limaçons qui bades boutades assez heureuses dans vent, » etc. (Boileau, Vi' Réflexion lesérieux. Mais il gâte tout par les sur Longin).
Aussi le Ciel, juge équitable, Qui maintient les lois en vigueur, Prononça contre sa rigueur Une sentence épouvantable.
Autour de ces vieux ossements Son ombre, aux peines condamnée, Lamente en longs gémissements Sa malheureuse destinée, Ayant, pour croître ^ son effroi.
Toujours son crime devant soi.
Là se trouvent sur quelques marbres
Des devises du temps passé ;
Ici l'âge a presque effacé
Des chiffres taillés sur les arbres ;
Le plancher du lieu le plus haut
Est tombé jusque dans la cave,
Que la limace et le crapaud
Souillent de venin et de bave :
Le lierre - y croît au foyer,
A l'ombrage d'un grand noyer
Là-dessous s'étend une voûte Si sombre en un certain endroit Que, quand Phébus y descendrait % Je pense qu'il n'y verrait goutte.
Le Sommeil aux pesants soucis.
Enchanté * d'un morne silence ^ Y dort, bien loin de tous soucis, Dans les bras de la Nonchalance, Lâchement couché sur le dos Dessus ^ des gerbes de pavots. \
Au creux de cette grotte fraîche Où l'Amour se pourrait geler "
1. Croî/re. Accroître. Cf. p. 43, n. 1. 5. D'un, Par un. Cf. p. 11, n. 2.