‹ Le 19e Dix-neuvième siècle par les textes; morceaux choisisChapitre 103 sur 305 · HERNANI ET DONA SOL · texte numérisé non relu

HERNANI ET DONA SOL

{Hernani considère avec un regard froid et comme inattentif récrin nuptial placé sur la table ; puis il hoche la tête et ses yeux s'allument.)

HERNANI

Je vous fais compliment ! — Plus que je ne puis dire La parure me charme, et m'enchante, — et j'admire !

{Il s'approche de Vécrin.) La bague est de bon goût, — la couronne me plaît, — Le collier est d'un beau travail, — le bracelet Est rare, — mais cent fois, cent fois moins que la femme Qui sous un front si pur cache ce cœur infâme !

{Examinant de nouveau le coffret.) Et qu'avez- vous donné pour tout cela ? — Fort bien î Un peu de votre amour ? mais vraiment, c'est pour rien ! Grand Dieu ! trahir ainsi !■ n'avoir pas honte, et vivre !

{Examinant Vécrin.) Mais peut-être après tout c'est perle fausse, et cuivre Au lieu d'or, verre et plomb, diamants déloyaux, Faux saphirs, faux bijoux, faux brillants, faux joyaux.

1. Hornani aime dorta Sol et en mariage, suivie dé deux femmes

est aimé ; chef de bande, sa tête a portant sur un coussin de velours

été mise i\ prix par le roi, don Carlos, un coffret d'argent qui renferme

et il s'est réfugié dans la montagne, des bijoux. Alors, Ilernani se nomme.

Au troisième acte, le vieux Kuy Mais Huy Oomcz. dont il est l'hôte.

<"iomez, qui aime aussi dorta Sol, l'a le protégera même contre le roi. Le

enmienée dans son château pour vieillard sort afin de veiller in ce que

l'épouser. Ilernani, traqué parles sol- son château soit mis en état de

<lals de don Carlos s'y présente sous défense. DoitaSol fait alors quelques

un costume tie pèlerin au moment pas comme si clic voulait le suivre,

où la jeune tille parait en robe de îiuis s'arrête, et revient vers Hernani.

Ah ! s'il en est ainsi, comme cette parure,

Ton cœur est faux, duchesse ^, et tu n'es que dorure !

(Il revient au œffret.) Mais non, non. Tout est vrai, tout est bon, tout est beau. Il n'oserait tromper, lui qui touche au tombeau ! Rien n'y manque.

{Il prend Vune après Vautre toutes les pièces de Vécrin.) Collier, brillants, pendants d'oreille, Couronne de duchesse, anneau d'or... — à merveille ! Grand merci de l'amour sûr, fidèle et profond ! Le précieux écrin !

DONA SOL

{Elle va au œffret, y fouille, et en tire un poignard.) Vous n'allez pas au fond. — C'est le poignard qu'avec l'aide de ma patronne Je pris au roi Carlos, lorsqu'il m'offrit un trône Et que je refusai pour vous qui m'outragez - !

HERNANi, tombant à ses pieds.

Oh ! laisse qu'à genoux dans tes yeux affligés J'efface tous ces pleurs amers et pleins de charmes ! Et tu prendras après tout mon sang pour tes larmes !

DONA SOL, attendrie.

Hernani ! je vous aime et vous pardonne, et n'ai Que de l'amour pour vous.

HERNANI

Elle m'a pardonné, Et m'aime ! — Qui pourra faire aussi que moi-mêmC; Après ce que j'ai dit, je me pardonne et m'aime ? Oh ! je voudrais savoir, ange au ciel réservé, Où vous avez marché, pour baiser le pavé !

DONA SOL

Ami !

1. Ruy Gomez est duc de Pas- dofla Sol, puis s'emparer d'elle, trana. Mais la jeune fllle, lui arrachant son

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