‹ Le 19e Dix-neuvième siècle par les textes; morceaux choisisChapitre 104 sur 305 · scène ii · texte numérisé non relu

scène ii

HERNANI

Non ! je dois t'être odieux ! mais, écoute, Dis- moi : « Je t'aime ! » — Hélas ! rassure un cœur qui doute ; Dis-le-moi ! car souvent avec ce peu de mots La bouche d'une femme a guéri bien des maux !

DONA SOL, absorbée et sans Ventendre.

Croire (\\xe mon amour eût si peu de mémoire ! Que jamais ils pourraient, tous ces hommes sans gloire. Jusqu'à d'autres amours, plus nobles à leur gré. Rapetisser un cœur où son nom est entré !

HERNANI

Hélas ! j'ai blasphémé ! si j'étais à ta place, Doiia Sol, j'en aurais assez, je serais lasse De ce fou furieux, de ce sombre insensé Qui ne sait caresser qu'après qu'il a blessé. Je lui dirais : « Va- t'en ! » Repousse-moi, repousse ! Et je te bénirai, car tu fus bonne et douce. Car tu m'as supporté trop longtemps, car je suis Mauvais, je noircirais tes jours avec mes nuits * ! Car c'en est trop enfin, ton âme est belle et haute Et pure, et si je suis méchant, est-ce ta faute ? Epouse le vieux duc ! il est bon, noble, il a Par sa mère Olmedo -, par son père Alcala '. Encore un coup, sois riche avec lui, sois heureuse ! Mais, sais-tu ce que peut cette main généreuse T'oflfrir de magnifique ? une dot de douleurs. Tu pourras y choisir ou du sang ou des pleurs *. L'exil, les fers, la mort, l'effroi qui m'environne, C'est là ton collier d'or, c'est ta belle couronne, Et jamais à l'épouse un époux plein d'orgueil N'offrit plus riche écrin de misère et de deuil !

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