Genèse, IX, 5. 4. Ni Henri IV, ni Xcrva ne mou
3. En s'attaquant à la religion rurent sur un champ de bataille ; chrétienne, fondée sur le dogme du mais Joseph de Maistrc sj-mbolise
en eux les bons princes.
qu'il a creusé lui-même ; il donne, il reçoit la mort sans se douter que c'est lui qui a fait la mort ^
Ainsi s'accomplit sans cesse, depuis le ciron jusqu'à l'homme, la grande loi de la destruction violente des êtres vivants. La terre entière, continuellement imbibée de sang, n'est qu'un autel immense où tout ce qui vit doit être immolé sans fin, sans mesure, sans relâche, jusqu'à la consommation des choses, jusqu'à l'extinction du mal, jusqu'à la mort de la mort 2.
Mais l'anathème doit frapper plus directement et plus visiblement sur l'homme. L'ange exterminateur tourne comme le soleil autour de ce malheureux globe, et ne laisse respirer une nation que pour en frapper d'autres. Mais, lorsque les crimes, et surtout les crimes d'un certain genre, se sont accumulés jusqu'à un point marqué, l'ange presse sans mesure son vol infatigable. Pareil à la torche ardente tournée rapidement, l'immense vitesse de son mouvement le rend présent à la fois sur tous les points de sa redoutable orbite. Il frappe au même instant tous les peuples de la terre. D'autres fois, ministre d'une vengeance précise et infaillible, il s'acharne sur certaines nations et les baigne dans le sang ^. N'attendez pas qu'elles fassent aucun effort pour échapper à leur jugement ou pour l'abréger ; on croit voir ces grands coupables, éclairés par leur conscience, qui demandent le supplice et l'acceptent pour y trouver l'expiation. Tant qu'il leur restera du sang, elles viendront l'offrir ; et bientôt une rare jeunesse * se fera raconter ces guerres désolatrices produites par les crimes de ses pères.
La guerre est donc divine en elle-même, puisque c'est une loi du monde.
{Soirées de Saint-Pétersbourg.)