‹ Le 19e Dix-neuvième siècle par les textes; morceaux choisisChapitre 20 sur 305 · Acte I, scène iv. Iphigénie à Aulide le petit Oreste, et · texte numérisé non relu

Acte I, scène iv. Iphigénie à Aulide le petit Oreste, et

5. Quoi qu'en dise Cliateaubriand, dans son Alceste, il fait parler le l'art classique, au contraire, exclut petit Eumélos.

généralement l'enfance du théâtre ;

nommer sans rougir les petits enfants (parviUi), et qui les ait offerts en exemple aux hommes...

Lorsque la veuve d'Hector dit à Céphise S dans Racine :

Qu'il ait de ses aïeux un souvenir modeste ; Il est du sang d'Hector, mais il en est le reste ^,

qui ne reconnaît la chrétienne ? C'est le deposuit patentes de sede '. L'antiquité ne parle pas de la sorte, car elle n'imite que les sentiments naturels ; or, les sentiments exprimés dans ces vers de Racine ne sont point purement dans la nature ; ils contredisent au contraire la voix du cœur...

A la vérité, l'Andromaque moderne s'exprime à peu près comme Virgile sur les aïeux d'Astyanax. Mais, après ce vers :

Dis-lui par quels exploits leurs noms ont éclaté,

elle ajoute :

Plutôt ce qu'ils ont fait ce que qu'ils ont été.

Or, de tels préceptes sont directement opposés au cri de l'orgueil : on y voit la nature corrigée, la nature plus belle, la nature évangélique. Cette humilité que le christianisme a répandue dans les sentiments, et qui a changé pour nous le rapport des passions, comme nous le dirons bientôt, perce à travers tout le rôle de la moderne Andromaque. Quand la veuve d'Hector, dans V Iliade, se représente la destinée qui attend son fils, la peinture qu'elle fait de la future misère d'Astyanax a quelque chose de bas et de honteux ; l'humihté, dans notre religion, est bien loin d'avoir un pareil langage : elle est aussi noble qu'elle est touchante. Le chrétien se soumet aux conditions les plus dures de la vie ; mais on sent qu'il ne cède que par un principe de vertu, qu'il ne s'abaisse que sous la main de Dieu, et non sous celle des hommes ; il conserve sa dignité dans les fers : fidèle à son maître sans lâcheté, il méprise des chaînes qu'il ne doit porter qu'un moment, et dont la mort viendra bientôt le délivrer ; il n'estime les choses de la vie que comme des songes, et supporte sa

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