Le Parlement les condamna au Zaïre, etc
VILLEMAIS 37.")
paradoxe de la réputation d'Homère m'a été développé '. ShakesjTcare, leur jireinicr poète tragique, n'a guère, en Angleterre, d'autre épithète que celle de divin "^ Je n'ai jamais vu à Londres la salle de comédie aussi remplie à VAndromaque de Racine, toute bien traduite qu'elle est par Philips, ou au CaUm d'Addison, qu'aux anciennes pièces de Shakes- ])eare, etc., etc. Quand j'eus une assez grande connaissance de la langue anglaise, je m'aperçus que les Anglais avaient raison, et qu'il est impossible que toute une nation se trompe en fait de sentiment, et ait tort d'avoir du plaisir. » Voilà donc un jugement admirât if, malgré les expressions sévères qui s'y mêlent. Pendant vingt ans, ce jugement fut la règle du goût en France. Pompignan 3, littérateur instruit, Racine le fils, poète plein d'élégance et de goût, redisaient le nom de Shakespeare, comme celui d'une espèce d'Eschyle moderne. Voltaire faisait un pas de plus en sa faveur ; il traduisit en vers élégants le monologue d'Hamlet. Un écrivain qu'on accusait de paradoxes littéraires, Marmontel, sans savoir l'anglais, vanta quelques intentions tragiqu&s, quelques grands traits de Shakespeare, et félicita le comédien Garrick d'avoir corrigé et épuré, pour la scène moderne, les ouvrages de ce vieux poète irrégulier, mais sublime...
... Toute la controverse de littérature étrangère, au XVIII^ siècle, toute l'innovation qui se manifesta dès lors, est dans Shakespeare. La question de savoir ce qu'il est, à quel point on doit l'admirer, comment on doit l'imiter, est toute la question de critique moderne que le XVIII*^ siècle nous ait laissée. De plus, ce que nous cherchons, la théorie d'abord, puis la tentative de création, le conseil et l'œuvre, nous le trouvons à l'occasion de Shakespeare. Originairement annoncé par Voltaire, traduit par Letourneur, ce qui était un grand malheur pour lui, critiqué avec une vive prévention par la Harpe, il a été remanié, retraduit, refait par un poète, par Ducis ; ainsi tous les accidents que peut éprouver une gloire, un génie, toutes les transformations que la critique,