‹ Le 19e Dix-neuvième siècle par les textes; morceaux choisisChapitre 24 sur 305 · CIMETIERES DE CAMPAGNE · texte numérisé non relu

CIMETIERES DE CAMPAGNE

Les anciens n'ont point eu de lieux de sépulture plus agréables que nos cimetières de campagne : des prairies, des champs, des eaux, des bois, une riante perspective, mariaient leurs simples images avec les tombeaux des laboureurs. On aimait à voir le gros if qui ne végétait plus que par son écorce, les pommiers du presbytère, le haut gazon, les peupliers, l'ormeau des morts, et les buis, et les petites croix de consolation et de grâce. Au milieu des paisibles monuments, le temple villageois élevait sa tour surmontée de l'emblème rustique de la vigilance ^ On n'entendait dans ces lieux que le chant du rouge-gorge, et le bruit des brebis qui broutaient l'herbe de la tombe de leur ancien pasteur.

Les sentiers qui traversaient l'enclos bénit aboutissaient à l'église ou à la maison du curé : ils étaient tracés par le pauvre et le pèlerin, qui allaient prier le Dieu des miracles, ou demander le pain de l'aumône à l'homme de l'Evangile : l'indifférent ou le riche ne passait point sur ces tombeaux.

On y lisait pour toute éphitaphe : Guillaume ou Paul, né en telle année, mort en telle autre. Sur quelques-uns il n'y avait pas

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