‹ Le 19e Dix-neuvième siècle par les textes; morceaux choisisChapitre 243 sur 305 · République. Etat. 2. Arl poétique, chant III · texte numérisé non relu

République. Etat. 2. Arl poétique, chant III

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admet l'amour le moins honnête, pourvu qu'il soit exprimé chastement ' ; lui qui en conseille la peinture comme la route la plus sûre pour aller au cœur - ; lui qui décide qu'il faut être amoureux pour bien exprimer l'amour ' ? Le conseil qui suit vous paraît-il d'un moraliste étroit ?

Aux grands cœurs donnez quelques faiblesses *.

Si l'on regarde la variété des genres, Boileau en a-t-il borné le nombre, lui qui admet quelques genres morts avec le vieil esprit gaulois ? Le rondeau, la ballade, le madrigal n'existent plus que dans VArt poétique ^. Aurait-il du moins exclu le roman ? Loin de là, il lui donne des privilèges '■.

Il convie les auteurs à l'invention, cet homme qu'on a accusé d'avoir voulu borner la puissance de l'esprit humain " ; il leur ouvre tous les trésors et toutes les libertés du style *, ce poète dont on fait un grammairien timide, blâmant en autrui les hardiesses où son esprit ne pouvait s'élever. A la vérité, genres, style, il veut que tout se subordonne à la raison.

Mais qu'est-ce donc que la raison ? Boileau s'est bien gardé de la définir. Il ne l'eût pas définie assez clairement pour les gens qui en manquent, et il savait que les bons esprits la sentent assez pour n'avoir pas besoin qu'on la leur définisse.

Quand je fais apjîel à la raison d'un homme de bonne foi qui s'est trompé, ou qui a fait une faute, je ne la lui définis pas, car je sais qu'elle lui parle en même temps que moi, et qu'elle s'est déjà mise de mon côté. J'offenserais mêms cet

1, Art poétique, chant IV. 3. Ibid., chant IL

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