MON HABIT
Sois-moi fidèle, ô pauvre habit que j'aime !
Ensemble nous devenons vieux.
Depuis dix ans je te brosse moi-même.
Et Socrate n'eût pas fait mieux.
Quand le sort à ta mince étoffe
Livrerait de nouveaux combats, Imite-moi, résiste en philosophe :
Mon vieil ami, ne nou^ séparons pas.
Je me souviens, car j'ai bonne mémoire.
Du premier jour où je te mis.
C'était ma fête, et, pour comble de gloire.
Tu fus chanté par mes amis.