‹ Le 19e Dix-neuvième siècle par les textes; morceaux choisisChapitre 4 sur 305 · VA., p. 1, n. 1. gie écrite dans un cimetière de cam · texte numérisé non relu

VA., p. 1, n. 1. gie écrite dans un cimetière de cam

3. Poète anglais, 1700-1748, au- pagne, etc. teur des Saisons.

MADAME DE STAËL 'i

sur les plaisirs de l'imagination, pourrait être entièrement de mon avis sur les rapprochements que j'ai faits entre l'état politique des peuples et leur littérature ; il pourrait être entièrement de mon avis sur les observations philosophiques et renehaînement des idées qui m'ont servi à tracer l'histoire des progrès de la pensée depuis Homère jusqu'à nos jours.

L'on peut remarquer aujourd'hui parmi les littérateurs français deux opinions opposées, qui pourraient conduire toutes deux, par leur exagération, à la perte du goût ou du génie littéraire. Les uns croient ajouter à l'énergie du style en le remplissant d'images incohérentes, de mots nouveaux, d'expressions gigantesques. Ces écrivains nuisent à .l'art, sans rien ajouter à l'éloquence ni à la pensée ; de tels efforts étouffent les dons de la nature, au lieu de les perfectionner. D'autres littérateurs veulent nous persuader que le bon goût consiste dans un style exact, mais commun, servant à revêtir des idées plus communes encore.

Ce second système expose beaucoup moins à la critique. Ces phrases connues depuis si longtemps sont comme les habitués de la maison ; on les laisse passer sans leur rien demander. Mais il n'existe pas un écrivain éloquent ou penseur dont le style ne contienne des expressions qui ont étonné ceux qui les ont lues pour la première fois, ceux du moins que la hauteur des idées ou la chaleur de l'âme n'avaient point entraînés.

Lorsque Bossuet dit cette superbe plirase : « Averti par mes cheveux blancs de consacrer au troupeau que je dois nourrir de la parole de vie les restes d'une voix qui tombe et d'une ardeur qui s'éteint » », il s'est trouvé sûrement quelques malheureux critiques qui ont demandé ce que c'était que « les restes d'une voix et d'une ardeur », ce que c'était que « des cheveux qui avertissent ». Lorsque le même orateur s'écrie, en parlant de Madame Henriette : « La voilà telle que la mort nous l'a faite » -, nul doute qu'un littérateur d'alors n'eût pu blâmer cette superbe expression, et la défigurer en changeant le moindre mot. Lorsque Pascal a écrit : « L'homme est un roseau, le plus faible de la nature, mais c'est un roseau pensant » ', un critique, séparant la première

1. Oraison funèbre de Condé, tout 2. Oraison funèbre d'Henriette

à la fin. d'Angleterre.

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