Ville forte, autrefois chef-lieu
Dans la riche Puycerda ; De sa bastille octogone Tuy se vante, et Tarragone De ses murs qu'un roi fonda * ; Le Douro coule à Zamore; Tolède a l'alcazar ^ maure, Séville a la giralda ^.
Burgos de son chapitre * étale la richesse ; Penaflor est marquise, et Girone est duchesse '^ ; Bivar est une nonne aux sévères atours ; Toujours prête au combat, la sombre Pampelune, Avant de s'endormir aux rayons de la lune, Ferme sa ceinture de tours.
Toutes ces villes d'Espagne S'épandent dans la campagne Ou hérissent la Sierra *', Toutes ont des citadelles Dont sous les mains infidèles Aucun beffroi ne vibra ; Toutes sur leurs cathédrales Ont des clochers en spirales ; Mais Grenade a l'Alhambra ^
L'Alhambra ! l'Alhambra ! palais que les Gré nies Ont doré comme un rêve et rempli d'harmonies, Forteresse aux créneaux festonnés et croulants, Oii l'on entend la nuit de magiques syllabes, Quand la lune, à travers les mille arceaux arabes. Sème les murs de trèfles» blancs " !
{Les Orientales : Hetzel, éditeur.)
1. On ne voit pas bien quel serait 6. Sierra. Chaîne de montagnes ce roi. (proprement, en espagnol, scie, à
2. Mot arabe : al's' le, Kazar = cause des pics et des dentelures), palais. 7. Palais des rois Maures ; en
3. Tour carrée, ancien minaret arabe, le rouge, parce qu'il est consd'une mosquée détruite. truit en briques de cette couleur.
4. Chapitre. Lieu où les chanoi- 8. Ces arceaux arabes s'appellent nés d'une église cathédrale ou collé- eux-mêmes trèfles. Ils sont faits de giale tiennent leur assemblée. trois cercles qui se coupent et qui ont
5. Il y avait les marquis de Pefta- leurs centres respectifs à chacun des flor et les ducs de Girone. sommets d'un triangle équilatéral.