‹ Le 19e Dix-neuvième siècle par les textes; morceaux choisisChapitre 97 sur 305 · LA CAVALE · texte numérisé non relu

LA CAVALE

0 Corse à cheveux plats S que ta France était belle.

Au grand soleil de messidor - !

C'était une cavale indomptable et rebelle.

Sans frein d'acier ni rênes d'or ; Une jument sauvage à la croupe rustique.

Fumante encor du sang des rois,.

Mais fière, et d'un pied fort heurtant le sol antique.

Libre pour la première fois.

Jamais aucune main n'avait passé sur elle

Pour la flétrir et l'outrager ; Jamais ses larges flancs n'avaient porté la selle

Et le harnais de l'étranger ; Tout son poil était vierge ; et, belle vagabonde,

L'œil haut, la croupe en mouvement.

Sur ses jarrets dressée, elle effrayait le monde

Du bruit de son hennissement.

Tu parus ; et, sitôt que tu vis son allure,

Ses reins si souples et dispos, Centaure impétueux, tu pris sa chevelure,

Tu montas botté sur son dos.

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