Nous ne pouvons nous séparer d'André Gbénîer, dont là
belle et noble figure appaïaît un instant dans ce récit, sans payer à sa mémoire la dette de la patrie en deuil, sans livrer ses bourreaux au mépris de la postérité. On trouvera à la fin de ce volume rintonoi^aloire que les agents du Comité de sûreté générale tirent subir à André Gtiénier^ lorsque, deux ans après la fête des Suisses de Château vieu s, il fut arrêté sortant de la maison de son ami M. Pastoret. Jamais rignorance et la stupidité n'ont été poussées plus loin que par les sicaires qui se saisirent brutalement de l'un des plus grands poètes dont s'honure la Fiance, et quelques jours après renvoyèreal au tribunal révolutionnaire, c'e;st-à-dire à i'echalaud.
Le ministère girondin qui avait été imposé à Louis XVI après le renvoi de Narbonne , ministre de la guerre, et la mise en accusation de Delessart, ministre des affaires étrangères, subsistait depuis trois mois. Il s'était montré très-favorable à la manifestation démagogique du 15 avril, qui avait suivi de près soii avènement au pouvoir. Depuis lors, grâce à ses excitations tacites, l'Assemblée législative avait continué à saper les fondements du troue.
Les deuJL hommes les plus importants de ce mi« nistère étaient Dumouriez et Roland.
Le premier, intrigant habile, roué émérite, aventurier infatigable , avait été employé dans la diplomatie occulte de Louis XV. 11 brûlait du désir de se faire une place et un nom dans Thistoire de son pays ; mais ce nom, cette place, peu lui importait de quelle manière il les obtiendrait. Le jour de sa nomination au ministère, il accourut au club des Jacobins, voulant que le véritable souverain du jour sanctionnât le choix que le roi uominal avait fait de sa personne; il alla jusqu'à se coiffer du bonnet rouge, pour faire