Rapport Alexandre
t. La porte Saint-Marcel était située au coin de la rue des Fossés-Sai n t- V ic r' .
3 Rapport Saint-Prii^.
constituer en révolte ouverte contre la loi« il cherchait un biais, un faux-fuyant, et il n'en trouvait pas. La pétition préparée dans la brasserie du faubourg Saint* Antoine, et dont on lui avait fait par avance la lecture, quelque violente, quelque illégale qu'elle fût, était loin d'exciter sa colère. Au lieu de chercher à ramener les chefs évidents du mouvement, Alexandre et Santerre, il demandait leurs conseils. Il demandait aussi ceux de leurs collègues, qui, eux, n'étant pas dans le secret, parlaient et agissaient avec la plus complète bonne foi.
Ce fut alors que le chef de bataillon du Valide- Grâce émit une opinion qui devint un trait de lumière pour Pétion. Saint-Prix était un homme d'ordre, il respectait sincèrement le roi et la constitution; c'était aussi un artiste éminent, qui jouait admirablement les rois sur la scène du Tliéâtre-Français, mais ce n'était ni un profond politique, ni un savant juris- 'consulte: « Permettez-moi, monsieur le maire, ditil, un conseil qui me parait dicté par la prudence; puisque vous connaissez la pétition et le point de réunion, rendez-vous avec la municipalité au lieu du rassemblement, lisez l'arrêté du département, représentez, par une proclamation, au peuple qu'une pétition ne peut ni ne doit se faire en armes, que la démarche est illégale ; que , sans le respect dû aux autorités constituées, la constitution, pour laquelle il a juré de mourir, n'existe plus. Obtenez des citoyens qu'ils déposent leurs armes, avant d'entrer à l'As-
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semblée nationale et chez le roi. Offrez au peuple
pour garantie de sa sûreté de le précéder avec la municipalité. Ordonnez au commandant général de convoquer un certain nombre de volontaires par bataillon, qui, placés sur le flanc, à gauche et à droite de la municipalité, protégeraient la marche des pétitionnaires et donneraient ainsi un caractère d'autant plus imposant à cette démarche qu'elle serait totalement dans les formes légales ^ »
Légaliser un mouvement essentiellement révolutionnaire , lui ôter tout péril et doubler sa force : quelle naïve idée pour un ami de l'ordre et des lois tel que Saint-Prix ! Elle paraît triomphante à Pétion , qui aussitôt se retire dans une pièce voisine, pour conférer avec les administrateurs de police sur les moyens d'en concilier T application avec l'arrêté départemental. Quelques minutes après, l'administrateur Yigner sort de la mairie, chargé d'aller s'entendre avec le procureur général syndic Rœderer, afin que toutes les autorités constituées de Paris se trouvent d'accord « pour l'adoption d'un môme moyen légal appliqué aux circonstances. » Quant au maire, il revient vers les chefs de légion, et, en les invitant à se retirer, leur dit : « Je vous instruirai de la réponse qui me sera faîte par le département. Écrivez au commandant général pour le prévenir de ce qui se prépare et le prier de vous donner les instructions