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Bapport Saint^Prix et rapport Rœderer

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qu*U croira convenables. » Il était alors un peu plus d'une heure du matin.

Arrivé au département, Vigner y rencontre Rœderer et lui soumet la nouvelle proposition du maire ^» Rœderer semble Tapprouver, mais ne croit pas pouvoir y répondre sans avoir Tavis du directoire, qu'il convoque immédiatement. Vigner ne veut pas attendre et retourne à la mairie auprès de Pétion. Celui-ci , persuadé que le diiectoire ne peut laii e autrement que de se rendre aux très-bonnes raisons^ suivant lui, exposées dans sa lettre, va se coucher et se contente d'expédier aux membres du corps municipal, ou

4. Nous donnons ici le texte même de la lettre écrite au directoire le 20 juin, à une heure du mattui par le maire et lea administrateurs de police :

« Le déparLeiuent de police, messieurs, ayant été instruit par différents rapports que les citoyens des faubourgs marchent en armes, ayant été instruit que des sections ont pris des délibérations à ce sujet pour autoriser les commandants de bataillon à les conduire, les juges de pait et les commissaires de police à les accompagner, ayant été Instruit enfin que les habitants des environs de Paris venaient se réunir en armes à ce cortège, a cru devoir réunir les commandants de bataillon pour avoir d'eux des explications claires et précises.

u lis s'accordent à dire que les citoyens leur paraissent dans les intentions les plus pacifiques, mais qu'ils tiennent avec la plus grande opiniâtreté à aller en armes. Us s'appuient de ce qu'ils y ont été jusqu'ici et de ce que FÂssemblée nationale les a bien reçus. Ils témoignent des défiances et des craintes de marcher sans armes. Nous avons fortement insisté, particulièrement auprès du comiuaiidant du bataillon du faubourg Samt- Blarcel et d uu des commandants du faubourg Sainl-Ântoine.

au moins à ceux sur rassentlment desquels il croit pouvoir compter, une lettre de convocation pour le lendemain matin.

Pendant que le maire de Paris sommeillait, les

membres du directoire du département avaient

Ils nous ont répondu qu'il leur paraissait impossible de vaincre * les esprits à cet égard.

« C^tte position, ainsi que vous le voyez, messieurs, est trèsdélicate; il ne s'agit pas de quelques individus, mais d'un nombre considérable; ne | )urrcUt-on prendre un parti tout à la fois prudent et qui se concilie avec la loi?

« Toutes les armes pourraient se ranger autour de la garde nationale et sous l'autorité de ses chefs. Si les magistrats autorisent légalement les commandants de l)ataillon à marctier en armes, alors tout rentrerait dans la règle « et les armes fraterniseraient ensemble. Nous n*entendons pas parler que les pétitionnaires puissent se présenter en armes à la barre de T Assemblée ou chez le roi ; ils païaissont convaincus, dès ce moment même, qu'ils ne le doivent pas.

a Nous soumettons ces réflexions à votre prudence. Nous vous prions de nous faire connattre promptement si vous les approuvez.

« Les maire et administrateurs de police,

a Signé : Pétion, Sergent, Panis, Vigneb, Perron. »

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répondu à rappel de Rœderer, et la discussion la plus vive s'était engagée sur la proposition municipale.

Il fut uDanimement reconnu que Ton ne devait pas recevoir dans les rangs de la garde nationale des hommes pour la plupart inconnus, sans aveu, déjà en état de rébellion ouverte, munis de toutes sortes d'armes, qui ne pouvaient que semer le désordre au milieu de la force armée, et, en cas de sédition, la mettre dans Timpossibilité d'agir.

Ën conséquence il fut décidé qu'il serait sur-lechamp fait à la municipalité la réponse suivante :

« Pïiris, ce 20 juin 1791, cinq heures du matin.

(( Nous avons reçu, messieurs, votre lettre de cette nuit; nous ne croyons pas pouvoii' en aucune circonstance composer avec la loi que nous avons fait le serment de faire exécuter; elle nous trace nos devoirs d'une manière impérieuse. Nous croyons devoir persister dans notre arrêté d'hier. »

Précisément au inoment où cette lettre était écrite, le maire s'éveillait. Inquiet de n'avoir pas encore reçu de réponse du département, il chargeait Vun des administrateurs de police, Sergent, de porter un billet ainsi conçu :

« La mesure indiquée est la seule praticable, surtout dans des circonstances où les citoyens n'oul pas

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eu le temps d'être prévenus et sont peut-être déjà $iir pied à se préparer.

« Cinq heures du matin. »

Sergent eut beau rt^péter au directoire assemblé les r^sonnements que Yigner avait déjà faits à Rœderer, les magistrats départementaux s'élevèrent avec vivacité contre toute légalisation d'une iUégaUté. La réponse fut expédiée , mais avec ce post-scriptum nécessité par l'arrivée de la nouvelle lettre de Pétion :

« P.*5. Nous recevons à l'instant votre lettre de

cinq heures. Nous ue jugeons pas qu'elle doive nous faire changer de disposition. »

Le département écrivait en même temps au commandant général de la garde nationale qu'il eût à remplir son devoir conforniément à l'arrêté de la veille « même à faire battre la générale si le danger Hevenait pressant; et au ministre de l'intérieur, pour lui faire part des propositions de la municipalité et du refus péremptoire qui venait d'y être opposé.

La résistance du directoire bouleversait toutes les espérances, anéantissait tous les plans de Pétion. Les ordres qu'il venait de recevoir étaient trop formels et trop précis pour qu'il pût affecter de ne pas les comprendre. 11 sentit qu'il fallait s'exécuter et écrivit a;ux quatre chefs de bataillon la lettre smvante :

m Nous vous prévenons de nouveau, messieurs,

que vous ne pouvez vous réunir en armes... Voici, à cet égard, la lettre que nous envoient les membres du directoire. D'après cette lettre, nous augurons trop bien de votre civisme pour ne pas espérer que vous vous y conformerez et que vous éclairerez vos concitoyens. »

Les chefs de bataillon des faubourgs se trouvaient donc ballottés entre les instructions les plus contradictoires. Ils étaient en même temps exposés à recevoir les réquisitions extralégales des sections.

La section des Gobelins, avec laquelle Alexandre n'avait pas cessé d'être en rapport direct la veille et durant toute la nuit, invita Saint-Prix à venir, à la tête de ses troupes , u assister à la cérémonie qui se préparait à l'effet de planter Farbre de la liberté sur la terrasse des Feuillants. » Saint-Prix répondit qu'il ne pouvait faire marcher son bataillon que sur réquisition légale; qu'ayant reçu au contraire la réquisition de ne pas bouger, il resterait à son poste. Cependant il ajouta que, comme citoyen, il se rendrait & la section sans armes, et même que, comme chef de bataillon, il s'empresserait de se joindre à elle, tt si des ordres ultérieurs l'y autorisaient. »

Le commandant général de la garde nationale (c'était, pour le mois de juin, RamainvUliers) était tout aussi embarrassé que ses subordonnés. Dès la pointe du jour, il s'était rendu à la mairie, mais il ne put obtenir aucune réponse précise ; on lui dit qu*U

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fallait attendre la réunion du corps municipal. Tout ce que Pétioa osa preodre siu* lui , ce fut d* envoyer les administrateurs de police dans les faubourgs agités, poui' se conformer aux iustiuctious que la vetUe il avait reçues du département.

Lorsque Sergent et Panis arrivèrent au faubourg

Saint-Antoine, à huit iieures du matin, ils trouvèrent un grand nombre de citoyens» les uns armés, les autres encore sans armes. Les groupes se formaient çà et là devant les aiiicbes apposées durant la nuit, lisaient rarrêté du dbrectoire et ne manquaient pas de le commenter avec colère. Les deux administrateurs de police engagèrent, mais sans doute très-fai^ blement, les sans-culoties de leur connaissance à déposer leurs fusils. Ceux-ci leur répondirent que ron ne voulait attaquer ni TAssemblée nationale, ni le roi» qu'on désirait seulement faire cortège aux vingt pétitionnaires légaux du peuple, et ensuite célébrer militairement Tanniversaire du Serment du Jeu de Pauuie. « Du reste, ajoutèrent-ils, nous avons peur qu*on ne nous fusille du côté des Tuileries, et nous tenons à avoir nos armes. ))

A de pareils raisonnements Panis et Sergent se gardèrent bien de trouver des objections. Us se rendirent au comité de la section des Quinze- Vingts. Une partie du bataillon des Enfants- Trouvés était déjà rassemblée autour du peuplier qui devait être planté aux Tuileries; Santerre haranguait une nombreuse réunion de citoyens avec ou sans uniforme, et sou* mettait à leur discussiou la lettre qu'il avait reçue du maire. Les administrateurs de police firent (disent-ils dans leur rapport, mais c est peu probable) tous leurs efforts pour déterminer le chef de bataillon et les citoyens à respecter la loi. Santerre leur répliqua qu'il agirait, quant à lui, conformément au désir du peuple. Par l'organe des sansculottes qui remplissaient Téglise des £nfants-Trouvés, le peuple couvrit la responsabilité du brasseur en répondant tumultueusement : « Déjà plusieurs députations en armes ont été reçues par le corps législatif; certains bataillons s'y sont présentés en ' armes sans que le directoire du département s'y soit opposé; la loi étant égale pour tous, nous irons, et nous serons reçus, nous aussi. » Les magistrats municipaux essayèrent encore, s'il faut les en croire, de ramener les égarés à la raison; mais, naturellement, ils n*y réussiieut pas. En sortant du comitéi ils redescendirent vers la Bastille; voyant, au milieu d'une foule énorme, errer des comiiussaires de section et même le conmiissaire de police revêtu de son chaperon^ ils pensèrent qu'ils n'avaient plus qu'à

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s'eD aller tranquillement déjeuner au coin du faulK)ttrg, dans un café, d'où ils pourraient admirer le spectacle de la foimation des rassemblements ^

Si, au lieu de revenir sur leurs pas, les administrateurs de police avaient poussé leurs investigations plus avant dans le faubourg, ils se seraient aperçus que Télan populaire n'était pas aussi unanime, aussi irrésistible qu'ils le prétendaient; si leur désir d'empêcher le rassemblement illégal avait été réel, ils seraient allés chercher à la section de Mou treuil l'appui qu'ils avaient été heureux de ne point trouver à celle des Quinze- Vingts.

En eflet, le 20 juin, à dix heures du matin, les membres du comité de la section de Montreuil et le commissaire de police étaient réunis pour veiller au maintien de l'ordre. Les coniuiaudants Bonneau et Savin, à la tête du bataillon de Ssûnte-llargaerite, résistaient aux invitations itératives que leur envoyait le bataillon des £nfants-ïrouvés pour venir le rejoindre ; à toutes les suggestions, ils répondaient par le dernier ordre signé Pétion. Mais surviennent de nouveaux émissaires des Quinze-Vingts, soutenant que la consigne est levée. Ce mensonge se propage vite, grâce à Fabsence des oflSciers municipatix, qui déjeunaient. Bonneau ne veut pas y ajouter foi; il reste fidèle à son mandat et invite ses soldats à demeurer immobiles. Cependant un grand nombre

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