‹ Le 38me fauteuil ou Souvenirs parlementaires [microforme]Chapitre 9 sur 18 · AC · texte numérisé non relu

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donald avait fait place au cabinet Mackenzie qui paraissait alors tout puissant, et M. Girouard s'engageait à donner un loyal essai à la nouvelle politique. I] déclarait hautement qu'il blâmait bien des choses dans l’ancienne administration, notamment la transaction du Pacifique, le refus de désavouer la loi des écoles du Nouveau-Brunswick, le refus d’amnistie à Louis Riel et à ses compagnons, l’acquisition du Nord-Ouest sans avoir garanti à ses habitants les priviléces des sujets britanniques. Le trop grand succès, disait-il, de l'ancien parti fut la cause de sa chute. Et cette chute a été amenée non pas tant par le parti que par ses chefs. Qu'importe qu'un gouvernement s'appelle libéral ou conservateur, réformiste, grit ou national, si au fond il applique les principes dans le sens conser-

vateur. On trouve dans l'administration nouvelle et dans ses amis avoués plusieurs élé-

ments conservateurs. Mais. ajoutait-il, “s’il

m'arrivait de revoir dans le gouvernement Mackenzie-Dorion l'ancienne politique de l'école libérale, celle qui fut défendue passion-

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nément par l'Avenir et le Pays, celle qui divise encore l’ancien monde et y menace les droits civils et religieux des citoyens, si en un mot le programme rouge reparaissait dans notre gouvernement, je n'hésite pas à dire hautement que dès ce jour il perdra toute ma confiance. Les principes et non les hommes, voilà toute ma politique.”

Avant de promettre fair play à l'administration Mackenzie, M. Girouard avait fait une profession de foi profondément conservatrice et qui renferme tout le credo de notre parti. Il devance même l'action du parti conservateur qui ne devait arborer le drapeau de la protection industrielle que plusieurs années après.

‘ J'adhère, disait-il, aux principes conservateurs, mais avec la réserve de cette indépendance dont tout politique ne peut se dépouiller sans devenir partisan. J’adhère aux principes conservateurs, parce qu'ils tendent à tenir dans un juste équilibre les droits de la couronne et ceux du peuple, à conserver et

protéger les relations qui existent entre le

nail-

in-

la rer

le

Canada et la Grande-Bretagne et à ne les

modifier qu'avec le consentement des populations de ces provinces et la permission du

parlement britannique.

‘“ Je suis décidément opposé à l'annexion aux Etats-Unis et à l'union législative des provinces. Le marché des Etats-Unis étant avantageux au Canada, je serai en faveur d'un traité de réciprocité. Avec cette exception, je suis en faveur d’un tarif protecteur de manière à encourager l'industrie canadienne. Le libre échange, avantageux aux nations déjà formées, est ruineux pour les jeunes pays.

“J'adhère aux principes conservateurs, parcequ'ils ont pour but de conserver l’harmonie entre l'état et les diverses croyances religieuses du pays, entre les lois civiles et les lois ecclésiastiques, et d'assurer à l'Eglise catholique comme aux autres Églises, cette liberté d'action et cette indépendance religieuse indispensable à la paix et à la prospé-

rité d’une population mixie comme celle du

Canada,

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