‹ Le 9 thermidor, d'après les documents d'archives et les mémoiresChapitre 5 sur 12 · I.A .loi RNi;i': DU <) THKn.MlDOR · texte numérisé non relu

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Billaud, il a tenté d'escalader la tribune. Alors presque tout entière, la Montagne s'est levée, elle ne crie pas, elle hurle « A bas le tyran ! A bas le tyran 1 » D'ailleurs, sur les escaliers de la tribune, • Robespierre s'est trouvé arrêté. Trois, quatre Conventionnels, qui ont demandé la parole

Portrait de Saint-Jiist.

D 'Hpri'S un paslel du Miisuo (iarnavalot.

avant lui. protègent de leurs corps Tallien. Il y a la Barère qui tremble, Vouland qui tremble encore plus que Barère. Delmas, que Robespierre a noté comme ex-noble et intrigant taré, Dclmas qui fut l'ami des Girondins, l'intime de Lacroix, le seul député qui essaya vraiment de sauver Danton (i). Vainement Robespierre gesticule, menace, crie,

Noie de Hohf.spiei re. /{a/)/j(jii Cnurinif

hurle. Il doit subir jusqu'au bout l'éloquence vengeresse de Tallien. Celui-ci l'appelle Verres, Catilina, lui prodigue les insultes de la rhétorique révolutionnaire, mais, en dépit de cette phraséologie toujours un peu creuse, il est lumineux, il est précis, il est énergique. C'est sur sa proposition que la Convention décrétera la permanence de ses séances. Or, la permanence de la Convention, c'est le pouvoir momentanément repris aux Comités, ce sont les membres des Comités obligés de suivre le mouvement que dirige Tallien. Billaud se voit débordé. Il demande l'arrestation de Boulanger, de Dufraisse, celle de Dumas. Delmas réclame celle d'Hanriot. Tallien, qui n'a pas quitté la tribune, veut qu'on arrête aussi tout l'État-Major, les adjudants et les aides de camp. Les arrestations sont votées. Aymard est nommé commandant provisoire de Paris. C'est un ancien marchand drapier qui liquidait difficilement ses affaires en 1791. Depuis qu'il a choisi la carrière militaire, il a payé toutes ses dettes. A l'élection du début de 1794, il a brigué le grade de colonel en chef de la gendarmerie. On disait que son ambition était démesurée et beaucoup le traitaient en suspect (i). Il était parent de Thuriot qui garantissait son loyalisme à la Convention (2]. Sans relâche, Robespierre demandait la parole et le chœur : « A bas le tyran! » lui répondait. Les Montagnards robespierristes, sauf Lebas et Robespierre jeune, n'osaient manifester leur sympathie. La Plaine continuait à garder l'attitude froide d'un juge de combat. Les tribunes, houleuses au début du discours de Billaud, s'étaient vidées peu à peu des meneurs robespierristes, qui s'étaient portés vers la Commune, les Comités révolutionnaires et les clubs qui devenaient les quartiers généraux du parti. Au pied de la tribune, Saint-Just demeurait inerte, près du fauteuil de Couthon. Quand Tallien cessa de parler, des cris appelèrent Barère à la tribune.

(1) Archives Nationales, F', 4774 38. Dénonciations de Godard, 10 thermidor.

{'ï) D'Héricault. La Rcvolucion de Thermidor, p. 433.

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