‹ Le B. Albert le GrandChapitre 13 sur 18 · NON · texte numérisé non relu

NON

immense science et la perfection de sa sainteté, non-seulement les chaires les plus célèbres de la France et de l'Allemagne, le second concile œcuménique de Lyon lui-même, mais encore le monde catholique tout entier. »

Peu après, Monseigneur l’évêque de Ratisbonne(1), successeur du B. Albert, envoya à tous les évêques du monde catholique une lettre pour les prier d’adhérer à la supplique des évêques allemands, et les engager à demander au Souverain Pontife la célébration de sa fête dans leur diocèse. Il leur envoya eh même temps les leçons du bréviaire dominicain, ef celles du propre de Cologne et de Ratisbonne. Un grand nombre d'évêques ont adhéré à cette demande, et sur leurs instances Notre Saint- Père le Pape Pie IX vient d'autoriser la reprise des procédures (Avril 1873).

L'Allemagne catholique tout entière suit l’impulsion donnée par son épiscopat. Les journaux et les revues ont publié des articles remarquables; une vie populaire a été écrite ; des milliers de médailles ont été répandues. Bref il se fait dans l'empire germanique, et je puis dire dans toute l'Eglise, un grand mouvement de retour vers le B. Albert.

Puissent ces quelques pages, en faisant mieux

(1) Cet illustre prélat qui s’occupe activement de la cause du B.Albert, a publié pendant le Concile un opuscule intitulé : B. Alberti Magni Ecclesiæque Germaniæ doctrina de infallibili Romani Pontificis magisterio. Neapoli 1870.

connaître une des plus grandes figures du moyen âge, contribuer à étendre le culte d’un des enfants les plus illustres de S' Dominique! Puissent nos lecteurs ne se borner point à la stérile admiration d’une science sans pareille, mais s’efforcer surtout d’imiter l’entier dévouement au servicede Dieu dont le bienheureux Albert nous a donné l'exemple! Et, s’il nous est permis de formuler un dernier vœu, puisse la ferveur de quelque âme pieuse obtenir, par l’intercession de ce saint personnage, une de ces faveurs signalées qui hâtent le moment de sa canonisation solennelle (1).

(1) Au moment de mettre sous presse nous apprenons que, dans une ville de Belgique, une personne alitée depuis neuf ans vient d’être guérie à la suite d'une neuvaine au B. Albert. Ne voulant point prévenir le jugement de l'Église, seule compétente en cette matière, nous ne nommons ni la ville ni la personne en question, mais nous appelons de tous nos vœux le moment où une enquête minutieuse viendra établir l'authenticité du prodige.

Appendices,

La Belgique et le B. Albert.

Nous avons pensé qu'il était mieux de ne pas interrompre notre récit et de réserver pour un appendice les détails que l’histoire nous a légués sur le séjour d'Albert le Grand dans notre pays.

D’après une tradition constante, appuyée sur des autorités nombreuses et dignes de foi, le B. Albert s'arrêta à Louvain en se rendant de Cologne à Paris, avec S. Thomas d'Aquin. L'église des Frères-Prècheurs vit le Docteur angélique, assistant à l’autel son illustre Maître, qu'il devait un jour surpasser. On a conservé pendant des siècles le pupitre qui servit au Saint pour chanter l’évangile (1).

(4) Certe tradition, qui au XVI: siècle était déjà très-ancienne,a été constatée par plusieurs auteurs, Molanus, Vernuleus, Choquetius,

de Jonghe, etc. On a placé sur ce pupitre, rendu à nos Pères en 1857, une inscription latine destinée à conserver à la postérité cette tra-

Molanus rapporte en outre qu’Albert pendant son provincialat fit agrandir notre couvent de Louvain, la province actuelle de Belgique faisant alors partie de celle d'Allemagne, à la tête de laquelle il fut placé deux fois. Pendant qu’il gouvernait notre pays, plusieürs maisons y furent fondées, notamment celle de Maestricht.

Plus tard, après qu'Albert eut abdiqué son évêché, nousle retrouvons en Belgique. L'année 12761), il consacra à Anvers l’église des Dominicains, que Dierckxsens appelle «un temple magnifique. » Cefait. résulte clairement de deux documents authentiques qui reposent dans les archives de l’église de S.-Paul à Anvers, autrefois l’église des Frères-Prêcheurs. A la première pièce, datée du lendemain de la Nativité 4976, est attaché un sceau en cire malheu-

dition. La voici: Pia constantique traditione, cujus et suo tempore Vernulœus (Acad: Lov., 1. IT, e. 8) testis eæistit, super corium hoc pulpili huj. quoad ligna renovati, S. Thomam Aq. dum B. Albertus Magnns Lovanii in sui Ordinis Ecclesia sacra perageret, Evangelium cecinisse refertur.Quod quidem, Gallicæ revolutionis clade grassante, custoditum, Frat. Præd ad suæ felicis apud Lovanium restaurationis eodem MDCCCLVII, amicà manu Rdi necnon ordini devotissimi Dni Judoci Pectermans, præfalæ ecclesiæ S. Marie ad S. Dominicum parochizelotissimi, dono datum.

(tj De Jonghe (Belgium Dominicanum,) et Sighart donnent à tort l'année 1271, puisque le document original porte 1276. Nous devons la communication de ces deux documents À l'obligeance de M. AI-. phonse Goovaerts, bibliothécaire adjoint de la ville d'Anvers, qui a classé, il y'a 5 ans, les archives de notre ancien couvent en cette ville.

AU

de reusement brisé par le milieu. On peut y voir cependant d’un côté un homme debout {). Cette pièce a été publiée par Dierckxsens, la seconde n’a Jamais été imprimée. C’est pourquoi nous la donnons d’après une copie faite sur l'original.

« Universis Christi fidelibus præsentem paginam inspecturis Frater Albertus quondam Ratisponensis Episcopus salutem in Domino Jesu Christo. Omnibus qui Fratribus Prædicatoribus Antverpiens. et fabricæ eorumdem et ad Ecclesiæ dedicationem et Altarium venientibus manüm porrexerint adjutricem quorum ecclesiam et altaria consecravi in crastina nativitatis Gloriosæ Virginis Mariæ, auctoritate Domini Papæ et Domini Episcopi cameracensis concedo unum annum venialium etquarentenaminista consideratione, singulis diebus, singulis mensibus isto anno et omnibus sequentibus. In cujus concessionis sigillum nostrum duxi præsentibus apponendum. Datum Antverpiæ anno Domini m° cc° Lxx° sexto in crastino Virginis gloriosæ. »

C’est cette même année que notre Bienheureux

(1) M. Goovaerts croit que c'est le B. Albert ; car, au moyen âge, on représentait assis l’évêque actuellement en fonctions, tandis que l’évêque démissionnaire était représenté debout. Cette explication, mise en doute par une personne très éclairée, vient de recevoir une éclatante confirmation. Le savant archiviste de Cologne, auquel nous nous sommes adressé pour éclaircir ce point d'archéologie, s'appuie sur un sceau analogue parfaitement conservé pour confirmer en toutpoint l'interprétation de son jeune et intelligent confrère d’Anvers.

Page 1