‹ Le B. Albert le GrandChapitre 12 sur 18 · CS · texte numérisé non relu

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Honneurs rendus à la mémoire du B. Albert.

Dieu manifesta la sainteté d'Albert par de nombreux miracles (1).

Lors de la première translation de ses reliques, le saint corps, nous dit un biographe, fut retrouvé tout entier, en bon état, avec tous ses membres, tous ses ornements, et exhalant une délicieuse odeur ; mais il était tourné la face contre terre, ‘comme il avait coutume de semettre quand il priait pendant sa vie. Il avait donc pris dans son sépulcre, et comme par miracle, la position qui autrefois lui

(1) L’historien du B.Albert le Grand raconte que de son vivant ce saint religieux s'était rendu célèbre par un grand nombre de mira- . cles, et que par la négligence des frères, ses contemporains, à en égrire les actes, on en avait complétement perdu la mémoire.«llest vrai, ajoute-t-il à leur décharge, que les religieux de son temps n’en tenaient pas bien compte, par la raison que faire des miracles c'était chose assez commune parmi eux et que dans un aussi grand nombre de saints personnages, les miracles de tel ou tel passaient inaper-

çus. »

(Vie de sainte Catherine de Ricci, par le P.Bayonne, t. Il, p.326.)

avait été la plus chère et la plus habituelle. C'est ce que nous apprend Rodolphe d’après le témoignage de l’ermite Jérôme de saint Paul, qui avait assisté à la translation.

Le B. Albert apparut lui-même à plusieurs reprises tout rayonnant de gloire. La bienheureuse Mechtilde le vit dans le ciel à côté de S. Thomas d'Aquin, embrasés l’un et l’autre de l'amour éternel et participant à la gloire des chérubins et des séraphins.

La dévotion toujours croissante des fidèles qui venaient en pèlerinage à son tombeau, força Îles Dominicains à lui en donner un plus digne de lui. Ce fut au XV: siècle qu’eut lieu cette seconde translation. On trouva le saint corps intact et répandant un inénarrable parfum. De nouveaux miracles vinrent aussitôt glorifier le serviteur de Dieu. On vit, d’après les auteurs les plus dignes de foi, des aveugles recouvrer la vue, des paralytiques reprendre l'usage de leurs membres, toutes sortes de maladies trouver leur guérison devant son tombeau.

Ce n’est pas seulement le Ciel qui par de nombreux prodiges glorifia le grand Docteur; la terre aussi voulut l’exalter. L'Allemagne en garda avec une religieuse vénération, non-seulement la dépouille mortelle, mais encore de glorieux souvenirs. Elle conserve des ouvrages écrits de sa main, des ornements pontificaux dont il se servit. Elle montre avec une légitime fierté les écoles où sa

bi puissante voix a retenti, les chaires où il est monté. C’est ce que l’on peut voir à Cologne, à Ratisbonne, à Laussingen.

Tous les arts ont célébré à l'envi sa mémoire. Que d'illustres pinceaux ont reproduit son image vénérée; que d’habiles ciseaux ont sculpté ses traits dans le marbre! Le Dante et d’autres grands poëtes l'ont chanté. L'éloquence et l’histoire ont redit ses gloires et ses grandeurs.

L'Eglise s’unit à la terre pour honorer la mémoire d'Albert. On était tellement assuré de son entrée dans le ciel, que l’on eût cru faire injure à sa mémoire en chantant la messe accoutumée des morts au jour anniversaire de son décès: on célébrait la messe de æternû sapientià (1).

La cour de Rome permit d'introduire, peu d’années après sa mort, la cause de notre Bienheureux. Mais tandis que certaines circonstances vinrent retarder la fin de ces procédures, les Frères-Prêcheurs de Cologne obtinrent du Pape Innocent VIII l’autorisation de publier un office et d'ériger un autel à leur maître vénéré. Ce ne fut cependant qu’en 1622 que Paul V autorisa l’Église de Ratisbonne à célébrer tous les ans, le 15 Novembre, un office solennel en l’honneur du B. Albert. Urbain VIIT et Clément X étendirent ce culte à tout l'Ordre des Frères-Prèêcheurs,

(1) Molanus. Hist, de la ville de Louvain, liv. V, chap. XXI.

Quelque glorieuse que fût déjà devant Dieu et devant les hommes la mémoire d'Albert, le Ciel lui réservait à notre époque de nouveaux honneurs, qui aboutiront, nous osons l’espérer, au triomphe de la canonisation solennelle. Par un dessein providentiel ce furent de jeunes gentilshommes exilés de la terre de France, autrefois un des principaux théâtres de son enseignement, qui inaugurèrent ce beau mouvement. Ce furent eux qui au commencement de ce siècle sauvèrent d’une profanation inévitable les restes sacrés du grand Docteur.

L’archevèque de Cologne fit faire en 1859 une translation solennelle de ses reliques (1). Bien des colléges de l'Ordre se mirent sous son patronage. Nous ne citerons que l’école d’Arcueil, si connue par la solidité de son enseignement et la renommée de ses élèves, mais surtout par les glorieux martyrs qu’elle a donnés à la France et-à l'Eglise sous le règne sanglant de la Commune. |

Ce n’est pas tout encore. Les évêques d'Allemagne réunis à Fulda au mois de septembre 1872 envoyèrent une supplique au Saint-Siége .pour demander la reprise de cette cause si chère à leur pays. Ils y disaient: « Les honneurs de la canonisation n’ont pas encore été rendus sur cette terre au B. Albert que le monde entier proclama Grand. Il fut le

maître du Docteur angélique, il illustra par son

(1) L'Annce Dominicuine, février 1860, donne le récit détaillé de cette cérémonie. :

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