‹ Le babillardChapitre 111 sur 356 · ACTE I, SCÈNE VII · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE VII

J’ai mis depuis huit jours tous mes gens en campagne. Mais inutilement : ils ne m’apprennent rien.

LE BARON

N’importe, votre sort est plus doux que le mien :

Le pis est de brûler pour une belle idole.

LE MARQUIS

Vous la posséderez; c’est un bien qui console.

Mais pour mes feux trompés cet espoir est détruit : Plus l’objet est parfait, et plus sa perte aigrit.

Je suis le plus à plaindre; et mon cruel voyage...

LE BARON

Ne nous disputons plus un si triste avantage ;

Nous éprouvons tous deux un sort plein de rigueur. Marquis, goûtons l’unique et funeste douceur D’être les confidents mutuels de nos peines,

Et mêlons sans témoins vos douleurs et les miennes. Le secret de nos cœurs est un bien précieux Que nous devons cacher à tous les autres yeux.

LE MARQUI S.

Oui, ne nous quittons plus, soyons toujours ensemble. Le malheur nous unit, et le goût nous rassemble.

Que nos revers communs, excitant la pitié,

Servent à resserrer les nœuds de l’amitié 1

LE BARON

Presque autant que le mien votre sort m’intéresse. Adieu ; c’est à regret qu’un moment je vous laisse.

Je vais écrire au duc qu’il ne m’attende pas.

LE MARQUIS

Et moi, je cours, monsieur, m’informer de ce pas Si mes gens n’ont point fait de recherche nouvelle.

Je vous rejoins après, quoi que j’apprenne d’elle.

Un ami si parfait, que j’acquiers dans ce jour,

Peut seul me consoler des pertes de l’amour.

L’HOMME DU JOUR

L’HOMME DU JOUR

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