SCÈNE III. — LE BARON, LE MARQUIS, LUCILE
LE MA RQUIS, à part.
Quel trouble ! en la voyant j’ai peine à me contraindre!
LUCILE, d’un air timide au baron.
Je cherchais votre sœur.
L’HOMME DU JOUR
LE BARON
Approchez-vous sans craindre, Et faites politesse à monsieur le marquis.
Vous ne sauriez trop bien recevoir mes amis.
Quoi ! vous voilà déjà toute déconcertée?
Vous changez de couleur, vous êtes empruntée!
Mais rassurez-vous donc. Devant le monde ainsi Faut-il être étonnée?
LU CILE
Eh ! monsieur Lest aussi !
LE BARON
Il Test de votre abord.
LE MARQUIS
Pardon, je me rappelle Qu’ailleurs plus d’une fois j’ai vu mademoiselle.
LE BARON
Vous l’avez vue ailleurs ! Où, marquis ?
le marquis. Au courant ;
Précisément au même où j’allais voir souvent.
Gomme je vous l’ai dit, cette jeune personne.
La rencontre me charme autant qu elle m’étonne. L’estime et l’amitié les liaient de si près.
Que l’une et l’autre alors ne se quittaient jamais : C’est cet attachement qu’elles faisaient paraître A qui je dois, monsieur, l’honneur de la connaître.
LE BARON, à part, au marquis.
Mais rien de plus heureux pour vous que ce coup-là. Auprès de son amie ehe vous servira.
Elle est simple à l'excès; mais on peut la conduire Sait-elle votre amour?
LE MARQUIS
Tout a dû l’en instruire :
J’ai fait en sa présence éclater mon ardeur,
Et, comme ma maîtresse, elle connaît mon cœur.
Tant mieux! j’en suis charmé, la chose ira plus vite.
LE MARQUIS
Dans l’état incertain qui maintenant m’agite,
Souffrez que devant vous j’ose l'interroger.