SCÈNE Y. — LUCILE, CÉLIANTE
LE BARON
LE BARON, à Lucile.
Représentez surtout, exprès je le répète.
Que l’ardeur du marquis est sincère et parfaite.
LUCILE
C’est la troisième fois que vous me l’avez dit.
LE BARON
Oh ! pour le bien graver au fond de votre esprit, Morbleu! je ne saurais assez vous le redire, de suis...
LUCILE
Vous vous fâchez, monsieur, je me retire. SCÈNE VI. — CÉLIANTE, LE BARON.
CÉLIANTE.
Vous la traitez, mon frère, avec trop de hauteur,
Et vous l’étourdissez. Employez la douceur.
LE BARON
La douceur, dites-vous? La douceur est charmante!
CÉLIANTE.
Trouvez bon cependant que je vous représente Qu’une telle conduite auprès d’elle vous nuit,
Et qu’à la fin sa haine en peut être le fruit;
Quelle sent... le baron.
Trouvez bon que je vous interrompe, Pour vous dire, ma sœur, que votre esprit se trompe.
CÉLIANTE.
Elle s’est plainte à moi, je dois vous informer...
L’HOMME DU JOUR
LE BARON
Tous ces petits propos doivent peu m’alarmer.
C ELI AN TE
Mais vous allez bientôt voir arriver son père.
Pour son appariement comment allez-vous faire?
Ma sincère amitié...
LE BARON
Se donne trop de soins,
Et pour notre repos, aimez-nous un peu moins
CÉ LIANTE
Vous n’avez jamais rien d’agréable à me dire.
LE BARON
Rien d’agréable! Il faut autrement me conduire. J’aurai soin désormais de vous faire ma cour.
CÉLIANTE.
Pour moi votre mépris augmente chaque jour.
LE BARON
Et puisque vous aimez les choses agréables,
Je ne vous tiendrai plus que des propos aimables :
Je louerai votre esprit, votre air, votre enjoûment.
CÉLIANTE.
Ah! ne me raillez pas aussi cruellement.
LE BARON
Céliante, pour vous je viens de me contraindre;
Je vous dis des douceurs, et vous osez vous plaindre?
CÉLIANTE.
Moi, je vous dois ici dire vos vérités,
Et vais d’un bon avis payer vos duretés.
LE BARON
Encore des avis! céliante.
Vous êtes fort aimable...
LE BARON
Le début est flatteur.
CÉLIANTE.
Prévenant, doux, affable Pour les gens du dehors que ménage votre art;
A vos civilités le monde entier a part,
Parce qu’il est, monsieur, l’objet de votre culte,
Et l’oracle constant que votre esprit consulte;