‹ Le babillardChapitre 125 sur 356 · ACTE II, SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE VIII

Mais mon frère chez lai sait se dédommager Des égards qu’il prodigue à ce monde étranger.

Il dépouille en entrant sa douceur politique;

Méprisant pour sa sœur, dur pour son domestique, Fâcheux pour sa maîtresse, et froid pour ses amis,

11 prend une autre forme, et change de vernis.

Tout craint dans sa maison, et tout fuit sa rencontre : Le courtisan s’éclipse, et le tyran se montre.

LE BARON, d’an ton irrité.

Ma sœur!

CÉLI ANTE

Le trait est fort, mais vous me l'arrachez; Et j’ai peint dans le vrai, puisque vous vous fâchez.

Je l’ai fait toutefois dans une bonne vue :

Profitez-en; ou bien si l’erreur continue,

Des vôtres redoutez le funeste abandon;

Craignez de vous trouver seul dans votre maisonl Et do n’avoir d’ami que ce monde frivole,

Dont un souffle détruit l’estime qui s’envole.

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