SCÈNE III. «— LUCILE, LE BARON, LE' MARQUIS
LE BARON, à Lucile.
Oui, le marquis attend de vous un grand service, Et vous seule pouvez lui rendre cet office. Songez qu’il le mérite, et qu’il est mon ami.
LUCILE
Monsieur ...
Il ne faut pas l’obliger à demi.
LUCILE, nu marquis.
De quoi s’agit-il donc, monsieur?
LE MARQUIS
C’est une lettre
Que j’ose vous prier instamment de remettre...
LUCILE
^ qui?
LE MARQUIS
Mademoiselle, à cet objet charmant
L’HOMME DU JOUR
Dont vous êtes l’amie, et dont je suis l’amant.
Il y verra les traits de l’amour le plus tendre.
LU G ILE, prenant la lettre.
Je ne manquerai pas, monsieur, de la lui rendre.
LE BARON
Fort bien, je suis content de ce procédé-là:
Peut-être, avec le temps, mon soin la formera.
Et puis-je me flatter qu’elle soit bien reçue?
LUCILE
Mais, je n’en doute point.
LE MARQUIS
Quand elle l’aura lue,
Puis-je encore espérer qu’elle me répondra?
LUCILE
Oui, monsieur, je le crois, dès qu’elle le pourra.
LE MARQUIS
Oserai-je, pour moi, compter sur votre zèle?
LUCILE
Mais je ferai, monsieur, mon possible auprès d’elle.
LE BARON
Elle répond, vraiment, beaucoup mieux que tantôt.
Il se fait déjà tard, et partons au plus tôt.
Votre âme est à présent dans une douce attente. Volons chez la comtesse, elle est impatiente :
Voilà l’heure; et d’ailleurs, je dois voir en passant Le commandeur. le marquis.
Daignez m’accorder un instant.
C’est un point capital oublié dans ma lettre. Mademoiselle... lucile.
Eh bien 1 monsieur?
Sans la commettre
Si dans cette journée, et par votre moyen,
Je pouvais obtenir un moment d’entretien?
lucile.
Elle ne sort jamais.
le marquis.
Je puis, mademoiselle,