ACTE V, SCÈNE II
LUCILE
Vous la méritez bien; mais je suis inquiète.
Mon père et le baron sont absents de ces lieux;
Le marquis devrait bien se montrer à mes yeux,
Et profiter du temps que son rival lui laisse.
LISETTE
Oui, ce sont des instants très-chers ; mais sa tendresse Peut-être est occupée ailleurs utilement.
De mon maître, pour vous, je crains le changement.
Il pourra balancer son penchant pour la mode,
Et le rendre assidu, partant plus incommode.
LUCILE
Vous me faites trembler. J’aime mieux sa froideur.
LISETTE
Pendant huit jours au moins redoutez son ardeur.
Son amour à présent vous voit spirituelle ;
Et vous avez le prix d’une beauté nouvelle.
J’entends marcher quelqu’un. C’est le pas d’un amant.
LUCILE
Oui, le marquis arrive avec empressement :
C’est lui. Le cœur me bat.
LISETTE
Emotion charmante !
LUCILE
Ah ! ciel ! c’est le baron.
La méprise est piquante.
La comtesse en ces lieux accompagne ses pas.
(Lisette sort.)