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SCÈNE IL — LE BARON, LUCILE

LA COMTESSE

LA COMTESSE, au baron.

Non, quoi que vous disiez, je ne vous quitte pas.

LE BARON, à Lucîle.

Je n’ai pu m’échapper des mains de la duchesse :

Je suis au désespoir. La cruelle comtesse A secondé si bien son désir obstiné Qu’à la pièce nouvelle elles m’ont entraîné.

L’HOMME DU JOUR

Elles m’ont enfermé malgré moi dans leur loge ;

Mais en vain des acleurs elles ont fait l’éloge,

Au théâtre et partout je n’ai rien vu que vous.

Je trouve dans vos yeux un spectacle plus doux :

Il jette tous mes sens dans une aimable ivresse ;

Et voilà désormais le seul qui m'intéresse.

LA COMTESSE

Qu’entends-je 1 il prend le ton dun amant langoureux !

Je le suis, en effet.

LA COMTESSE

Vous êtes amoureux?

LE BARON

Qui, beaucoup.

LA COMTESSE

Je frémis du transport qui l’entraîne.

LE BARON, à Lucile.

De notre hymen, ce soir, je veux former la chaîne ; Et votre père va.,.

LUCILE, d’un ,oir troublé.

Monsieur, Lavez-vous vu?

LE BARON

Empressement flatteur! je ne l’ai jamais pu.

J’ai manqué, malgré moi, l’heure qu’il m’a donnée !

LA COMTESSE

Mais c’est un vrai délire, et j’en suis étonnée !

Si vous continuez, il faudra vous lier.

C’est cent fois pis, monsieur, que de vous marier.

LE BARON

Mon ardeur est parfaite.

Ah ! des ardeurs parfaites !

Mais étant amoureux, et du ton dont vous l’êtes, Adorant et brûlant pour l’objet le plus doux,

Que voulez-vous, monsieur, que l’on fasse de vous? Le monde va bientôt fuir votre compagnie.

LE BARON

Je me partagerai.

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