ACTE II, SCÈNE I
Tout à mes yeux est une nouveauté.
Mais quelle attention attire ma personne !
Quelle nombreuse cour paraît autour de moi !
Quel zèle 1 quel respect! quel éclat m’environne! Tout m’annonce que je suis roi!
Au sein de mon bonheur suprême,
Ce dont je suis le plus flatté,
Je sens que je suis libre, et maître de moi-même. Rien ne contraint ma volonté.
Redoute seul dont je suis agité Altère un bien si délectable.
O ciel! jusques au bout montre-toi favorable;
Et pour mettre le comble à ma félicité,
Prouve moi que je veille en cet instant aimable,
Et que mon règne est une vérité.
(En considérant l’épée qu’on lui présente.)
Quel est cet ornement dont ma vue est frappée Et dont j’aime surtout l’éclat?
ULRIC
Prince illustre, c’est votre épée,
C’est le soutien de votre Etat,
Et le foudre vengeur qu’en votre main terrible Les immortels ont mis,
Pour vous rendre un prince invincible Et pour punir vos ennemis.
SIGiSMOND.
Puisque ce fer brillant rend un roi formidable, Puisque par lui jedois vaincre et punir,
De vos présents, grands dieux ! c’est leplus agréable : Mon bras déjà brûle de s’en servir.
U LP» IC, lui mettant l’épée au côté.
C’est ainsi qu’on la porte, sire.
ARLEQUIN, poussant une botte.
Et c’est ainsi qu’on la tire.
LA VIE EST UN SONGE