SCÈNE II
Les mêmes, CLOTALDE.
CLOTALDE,
Seigneur, je viens en vous reconnaître mon roi.
SIGI S MO ND.
Est-ce Cloialde que je voi?
Pour m’insulter vient-il me rendre hommage?
Lui qui m’a fait gémir dans un dur esclavage 1 Gomment, et de quel front paraît-il devant moi?
CLOTALDE.
Seigneur, pour chasser le nuage Qui sur vos sens surpris répand l’obscurité,
Je vais, sans tarder davantage,
Faire à vos yeux briller la vérité:
Les honneurs qu’on vous rend, ce palais magnifique. Ne sont point les effets d’un songe chimérique;
Ce spectacle nouveau, qui vous tient enchanté,
Est pour vous un bonheur plein de réalité.
Pendant votre sommeil, de votre antre rustique A la cour de Pologne on vous a transporté;
Du roi Basile entin vous êtes fils unique,
Lui-même à son conseil fa déjà déclaré :
On porte jusqu’aux eieux votre nom révéré Et vous faites, seigneur, l’allégresse publique.
si GISMOND.
Pourquoi m’avoir caché le sang dont je suis né?
Si ton discours est véritable,
Pourquoi traiter ton prince infortuné Gomme un esclave misérable?
CLOTALDE.
Pour obéir, seigneur, aux célestes décrets,
Et détourner de vous les noirs effets Des astres irrités que craignait votre père Et qui vous menaçaient d’être un roi sanguinaire.
SIGISMOND
Ah! traître 1 sont-ce là d assez fortes raisons