ACTE III, SCÈNE V
On sait que de son sexe aimable Elle fuit la mollesse et méconnaît la peur;
Qu’elle a dans les combats signalé son grand cœur, Et qu’autant que ses yeux son bras est redoutable.
Le roi, qui connaît trop dans ce temps orageux Ce que peut sur les cœurs un chef si dangereux,
Et qui craint la funeste suite D’une révoite si subite,
A rassemblé dans son palais Ce qui lui reste encor de fidèles sujets.
Auprès de lui venez comme eux vous rendre,
Et l’aider à résoudre, en ce péril certain,
Quel parti son âme doit prendre Pour détourner le cours d’un torrent si prochain.
Ses ordres, pendant son absence,
Doivent faire doubler la garde de ces lieux,
Pour la mettre en état d’opposer sa défense Aux efforts des séditieux.
CLOTALDE.
Ciel! protecteur des rois, arme-toi pour Basile Et rends des factieux la fureur inutile.
Que je guide vos pas dans ces rochers affreux; Evitons cette route, elle est trop difficile.
Ce sentier est plus court et bien moins périlleux.
(il s’en va avec Ulric.)