‹ Le babillardChapitre 209 sur 356 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

SIGISMOND, SOPHRONIE, ARLEQUIN, RODERIG, Soldats.

sigismond.

Qui remplit donc ces lieux d’une rumeur soudaine?

SOPHRONIE

Ab! prince, en quel état vous offrez-vous à moi? L’heureuse Sophronie aura du moins la gloire De briser de sa main les chaînes de son roi Et d’affranchir ses jours d’une prison si noire.

SIGISMOND

Que vois-je? ma princesse, au fond de ces déserts, Vient rompre elle-même nos fers!

Elle s’arme pour moi dans ce jour favorable!

Qu’un trait si généreux me la rend adorable!

Et qui peut m’acquitter des biens que j’en reçois?

Dieux trompeurs! par un rêve aimable Ne m’abusez-vous pas une seconde fois?

Mon bonheur est trop grand pour être véritable!

Je dors encor, sans doute, et tout ce que je vois N’est rien qu’un fantôme agréable.

ARLEQUIN

Prince, ne doutez point, c’est un bonheur palpable.

SOPHRONIE

Ce n’est point un songe, seigneur.

Je vous parle en effet, et je suis Sophronie,

Qui, pour vous couronner, veux prodiguer ma vie. Vous êtes de Basile unique successeur:

En vain ce roi, frappé d’une aveugle terreur,

Veut transporter vos droits au duc de Moscovie; Tout l’Etat avec moi s’arme en votre faveur;

Venez, volez au trône, où je vais vous conduire.

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