‹ Le babillardChapitre 212 sur 356 · SCÈNE X · texte numérisé non relu

SCÈNE X

Les memes, LE ROI, Soldats.

LEROI

Fils coupable, assouvis toute ta cruauté:

Le sort te livre ta victime.

Achève d’acomplir sur ton père et ton roi Ce que les cieux trop vrais lui prédirent de toi.

SIGISMOND

Je vais, en dépit d’eux, me montrer magnanime.

Et convaincre mon père, en un jour si fameux,

Que les astres malins n’ont sur nous de puissance Qu autant que notre cœur est d’accord avec eux*

Que notre volonté règle leur influence,

L,i VUS EST UN SONGE ^

LA VIE EST UN SONGE

Et qu’on est à son gré cruel ou gnéreux.

(il se jette aux pieds du toi.)

Seigneur, loin de souiller ma gloire Et de faire éclater un barbare courroux,

Regardez-moi rougir de ma victoire Et suivre désormais des sentiments plus doux: Voyez-moi réparer le sort qui vous opprime;

Et, forçant mon étoile, attendre à vos genoux Le jusle châtiment que mérite le crime De s’être avec l’Etat révolté contre vous.

Prononcez mon arrêt, l’exemple est nécessaire; Faites-vous justice aujourd’hui.

Un fils qui s’arme contre un père,

Quelque durs traitements qu’il ait soufferts de lui, Doit subir un trépas sévère.

Frappez, je recevrai le coup sans murmurer,

De votre main encor trop heureux d’expirer.

LE ROI

Mon fils, un trait si grand et si digne d’estime Me fait rougir d’avoir trop cru Les astres que dément votre vertu sublime.

Au lieu de châtiment, mon sceptre vous est dû.

Qui sait se vaincre ainsi mérite la couronne.

Après ce changement, qui m’enchante et m’étonne, Régnez sur mes Etats, que vous avez conquis Par la force bien moins que par votre clémence;

Et que le bien public soit votre récompense.- De l’empire à vos yeux pour relever le prix,

Possédez avec lui cette aimable princesse.

Vous rendant tous heureux, mes vœux seront rem- Je ne veux me livrer, dans ma douce vieillesse, [plis. Qu’au bonheur d’être père et d’avoir un tel fils.

SIGISMOND

Seigneur, à vos bontés votre fils trop sensible Ne prend en main les rênes de l'Etat Que pour en soutenir tout le fardeau pénible,

Et pour vous en laisser la gloire et tout l’éclat.

Et vous, illustre Sophronie,

Vous qui m’avez appris a triompher de moi,

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