‹ Le babillardChapitre 213 sur 356 · ACTE III, SCÈNE X · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE X

Vous l’auteur généreux du repos de ma vie,

C’est pour vous couronner que je veux être roi:

Je ne fais que vous rendre un bien que je vous doi: Votre main précieuse est le seul que j’envie.

De souverain le titre ne m’est doux Que pour mieux mériter celui de votre époux.

SOPHRONIE

Mon bonheur est parfait, si je comble le vôtre;

Je haïrais le sceptre, en le tenant d’un autre.

SIGISMOND, à Clotalde.

Approche, noble défenseur Du roi mon père et ton maître,

Le zèle que pour lui ton âme a fait paraître Ne peut être payé de toute ma faveur.

' LE ROI

Mon fils, cette conduite, aussi sage qu’auguste, Annonce à vos sujets le règne d’un roi juste.

SIGISMOND

C’est l’heureux fruit de vos rigueurs;

Elles m'ont convaincu que toutes les grandeurs Ne sont qu’une chimère où le sommeil nous plonge ; Qu’excepté la vertu tout n’est rien que mensonge;

Que notre prévoyance est un tissu d’erreurs,

Notre espoir un fantôme, et notre vie un songe.

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