ACTE II, SCÈNE IV
G ID ALI SE
J’entends. C’est de sa part une galanterie.
LE MARQUIS
Oh! c’est mieux que cela; jugez-en, je vous prie.
CIDALISE, lit.
« Depuis le temps que je vous vois,
« Je languis en secret, je brûle, je soupire;
« Si je pouvais vous en instruire,
« Et me rencontrer seul avec vous une fois,
« L’aveu soulagerait l’horreur de mon martyre.
« Mais vous n’ètes jamais sans témoins un instant;
<( Et mon supplice est accru doublement,
« Par la crainte de vous le dire,
« Et la difficulté d’en trouver le moment. »
(Après avoir lu.)
C’est un aveu d’amour en forme tout à fait.
LE MARQUIS
Comment le trouvez-vous?
CIDALISE
Excessivement tendre.
Mais le jour l’autorise, et le lieu le permet,
Et comme un simple jeu je sens qu’il faut le prendre.
LE MARQUIS
Non; Léandre, pour vous, sent un amour parfait,
Qui ne blesse point votre gloire.
CIDALISE
Marquis, vous badinez, et je ne puis le croire!
LE MARQUIS
Je vous proteste ici qu’il est, de vos beaux yeux,
Epris au point qu’il n’en dort point, madame.
Son amour est prodigieux;
Et puisque votre cœur est instruit de sa flamme,r Trouvez bon que mes soins intercèdent pour lui. Parlez; qu’en sa faveur votre bouche prononce : J’ose, à titre d’ami, presser votre réponse.
Songez bien que sa vie en dépend aujourd’hui.
CIDALISE
Ses feux sont moins ardents; votre bouche exagère.
LE MARI GARÇON
LE MARQUIS
Je n’exagère point; il en mourra, d’honneur,
Pour peu qu’à son amour votre arrêt soit contraire.