ACTE II, SCÈNE VI
Faites moi l’honneur cle m’en croire;
Par vos attentions ménagez cet amant,
Vous y trouverez sûrement Votre fortune et votre gloire.
cid alise .
Ma fortune !
LÉAN DRE.
Oui vraiment, je vous parle en ami,
Un jeune homme amoureux n’aime pas à demi. L’esprit d’une maîtresse habile Tourne son cœur et ses vœux à son gré ;
Rend, par son art, chaque moyen facile;
Et le conduit à l’hymen par degré.
Faites réflexion sur cet avis utile.
CID ALISE
Je commence à vous croire, et j’en profiterai.
LÉ AND RE
Par inclination, moi, je vous aiderai.
Je vous conseille bien, et vous gagnez au change. Le marquis est mieux fait et plus riche que moi.
Si vous le voulez bien, vous obtiendrez sa foi.
Je vous fais compliment, madame de Florange.
CID ALISE
Je n’ose me flatter sitôt d’y parvenir.
LÉAND RE.
Oh ! vous y parviendrez, charmante Cidalise.
Mais, à propos, je dois vous avertir Que ma sœur vous attend chez la jeune marquise, Pour aller voir les petits Hollandais.
Ils sont charmants ; je les connais.
CIDALISE
Ils sont ici?
LÉANDRE
Leur troupe arrive;
Et chacun, à lavoir, montre une ardeur très-vive.
CIDALISE
d’en fais autant. Adieu. J’y vole de ce pas.
( Elle sort. )
LE MARI GARÇON