‹ Le babillardChapitre 264 sur 356 · ACTE III, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE III

Monsieur s’explique assez, ce discours doit suffire;

Il paraît très-clair à mes yeux,

Ma chère, et vous devez l’entendre encore mieux.

LE MARQUIS, à la comtesse.

Je vois à vos regards que la chose est obscure,

Et je dois l’exprimer avec plus de clarté.

LA COMTESSE

Il n’est pas mal qu’il règne un peu d’obscurité.

LE MARQUIS

Non, je dois m’affranchir d’une gêne si dure;

Ma raison m’autorise à cette liberté.

Eh! qu’ai-je à craindre en cette conjoncture,

Quand mes sens sont réglés, et mes desseins conduits Par la vertu, l’honneur, l’estime et la droiture?

Je n’espère qu’en vous dans l’état où je suis; Madame, ayez pitié des peines que j’endure.

Votre amour à présent n’a plus rien de suspect, Puisqu’il est suivi de respect,

Et que vous désirez que mon secours l’appuie;

Je vou3 promets mes soins auprès de mon amie.

ci DALISE.

Comtesse, épargnez-moi, vous me faites rougir.

LE M ARQUIS.

Non, ne rougissez pas. La comtesse s’abuse.

LA COMTESSE

A quoi bon ce détour, quand je veux vous servir ?

CIDALISK.

Il est dans son génie. Aisément je l’excuse.

LE MARQUIS, à la comtesse.

Mon billet, si vous l’avez lu,

Madame, a dû mieux vous instruire.

LA COMTESSE

Je ne sais pas, monsieur, ce que vous voulez dire.

LE MARQUIS

Léandre, je le vois, ne vous l’a pas rendu.

LA COMTESSE

Je vous laisse, marquis, avec mademoiselle ;

Votre cœur s’expliquera mieux,

LE MARI GARÇON

Quand vous serez seul avec elle.

IiE MARQUIS.

Non, ayez la bonté de rester en ces lieux.

Votre frère, à propos, vient s'offrir à mes yeux;

Je lui veux, devant vous, daignez me le permettre, Demander compte de ma lettre.

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