LÉANDRE, M. DE LA JOIE
M. DE LA JOIE
Ah ! je suis effrayé d’une telle menace.
Voulez-vous, dans mes mains, voir mourir votre ami, Et me causer une disgrâce Que j’ai pris soin d’éviter jusqu’ici?
Non, pour le permettre, Léandre,
Votre cœur est trop bon, trop sensible et trop tendre Le remède que je prétends Apporter à ses maux pressants,
Sur la santé de tout le monde Doit influer en même temps;
Et c’est sur la raison que mon espoir se fonde.
D’un ami le bonheur certain Doit vous rendre joyeux, par conséquent plus sain.
En rappelant à la lumière Son amant languissant, par un oui gracieux,
Votre sœur doit y gagner la première,
Et s’en porter quatre fois mieux.
Une veuve comme elle, et qui se remarie Avec un époux jeune et fait pour les amours,
Doit redoubler de santé tous les jours;
Par la même raison, en être plus jolie :
Le plaisir qu’elle en a, renouvelle sa vie.
Et de vingt ans, au moins, en prolonge le cours.
LÉANDRE
Votre éloquence est merveilleuse,
Et votre remède est fort bon ;
Mais du marquis la crise est si fâcheuse.
Que je crains pour sa guérison.