ACTE III, SCÈNE VII
M. DE LA JOIE
Dès que vous admettez la bonté du remède,
Vous ne devriez pas douter de son effet :
A sa vertu, monsieur, il n’est rien qui ne cède.
LÉ ANDRE
Je crains qu’il ne soit pas applicable au sujet.
M. DE LA JOIE
Applicable au sujet! Voire crainte m’étonne,
Quelle est donc la raison que votre esprit en donne? Je ne puis la comprendre en aucune façon.
LÉ AN DRE
Je sais que, dans le fond, ma raison est très-bonne. Mais elle compliquée; et je n’ai pas le don D’expliquer, comme vous, sur-le-champ mes idées : Dans mon esprit confus, par des brouillards fréquents, Elles sont toujours retardées.
Ce n’est qu’au bout d’un certain temps,
Et par degrés, qu’elles se développent,
Et que, pour les saisir, tous mes esprits galopent.
M. DE L A JOIE
Ah! vous me payez de jargon,
Moi, de qui le métier est d’en payer les autres.
LÉANDRE
Mes sens, je vous l’ai dit, sont plus lents que les vôtres ; Je pourrai, dans un mois, expliquer ma raison.
M. DE LA JOIE
Du marquis la fièvre est pressante;
Dans huit jours, au plus tard, elle l’emportera.
Si votre sœur savait le mal qui le tourmente,
Et le remède heureux que ma main lui présente,
Son âme n’aurait pas cette dureté-là,
Et serait plus compatissante.
LÉANDRE
Je ne suis pas son maître; ainsi consultez-la.
M. DELA JOIE
Du moins, plus nettement elle s’expliquera.
LE MARI GARÇON
LÉ AND R E
Non, docteur, dans notre famille,
Nous nous expliquons tous très-difficilement :
Ma sœur a, là-dessus, l'embarras d’une fille.
M. DE LA JOIE
Je ne dois plus garder aucun ménagement.
Je vais, pour le marquis, lui parier tout à l’heure :
Il périclite en ce moment, [meure.
Et, sans un prompt secours, je crains fort qu il n’en