I.A COMTESSE
De cet aveu, Léandre, épargnez-moi la peine,
LÉANDRE
De votre bouche il convient qu'il l’apprenne.
LE MARI GARÇON
LA COMTESSE
Par vous, plutôt, il doit être éclairci,
Ce n’est plus le temps de vous taire.
Vous savez mon secret. Parlez donc, mon mari,
LE MARQUIS
Son mari ! Qu’entends-je ? O ciel.
LÉ AND RE
Oui,
C’est le mot de l’énigme , et, sous le nom du frère, L’époux s’est caché jusqu’ici.
Monsieur parle à présent sans voile et sans mystère, Et l’on voit clair dans son esprit.
LA COMTESSE
Il est temps à vos yeux que je me justifie.
LE MARQUIS
Léandre est votre époux ! Par ce mot tout est dit.
Je ne m’en prends qu’au soi t qui lui seul nous trahit.
CID ALISE
L’aventure est vraiment singulière et jolie.
Que je me sais bon gré de n’ètre point partie !
Il me tarde d’aller en faire le récit.
Quel plaisir !
LE MARQUIS
Et de trois. Une fille, une femme,
Une veuve... qui ne l’est point.
Il est, il est écrit, qu’unique dans ce point,
Je brûlerai toujours, sans que jamais mon àme Puisse le dire à l’objet qui m’enflamme!
LA COMTESSE
Gidalise, dans ce malheur,
Est la seule personne aimable Qui peut vous consoler.
Je suis inconsolable.
CID ALISE
Pour moi, je me console, et même d’un grand cœur, Pourvu que l’incident ne rompe pas la fête.