‹ Le babillardChapitre 283 sur 356 · LÉANDRE, LUCINDE, MARTON · texte numérisé non relu

LÉANDRE, LUCINDE, MARTON

LÉANDRE

Je viens vous annoncer une grande nouvelle. Nous serons mariés ce soir, mademoiselle.

LUCINDE

Ce soir?

LÉANDRE

Ce soir même. Oui, mon père vient exprès.

LUCINDE

Ah ! Je ne croyais pas que l’instant fût si près.

LÉANDRE

Je vois à cet aspect que votre âme frissonne.

LUCINDE

Non : mais, à dire vrai, la nouvelle m’étonne.

Avouez que l’hymen alarme votre cœur.

LUCINDE

Je conviens qu’à mon âme il cause quelque peur.

LÉANDRE

Dites qu’il vous inspire une frayeur très-vive :

Le mariage est beau, mais dans la perspective;

Il présente de loin un coup d’œil attirant :

Dès qu’il est vu de près, il parait différent.

De ses apprêts surtout la jeunesse effrayée,

Par des nœuds éternels craint de se voir liée.

Vous êtes dans le cas; parlez-moi franchement;

La, ne sentez-vous point certain frémissement?

LUCINDE

Oui.

LÉANDRE

Moi, qui parle ici, quoique plus intrépide.

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