SCÈNE II
CLA R IGE.
Mon cœur est incertain.
St moi, si pour époux vous acceptez Léandre,
Je quitte dès ce soir sans plus longtemps attendre. Quel maître ! Il voudrait seul parler dans le logis.
Ce serait un tyran qui, tout le jour assis,
Usurperait nos droits, qui ferait notre office;
Et je mourrais plutôt que d’être à son service.
Il me serait trop dur de garder mes discours,
De ne pouvoir rien dire, et d’écouter toujours.
Un grand parleur, madame, est un monstre en ménage, Et ce n’est que pour nous qu’est fait le habillage .
CLARICE
Que veux-tu que je fasse en cette occasion ?
Dis.
NÉRINE
Il faut vous armer de résolution,
Sortir en même temps de votre léthargie ;
Agir, faire parler une commune amie ;
Par exemple, Daphné, qui dans cette maison Occupe un logement.
CLA R ICE
Sous un,. air assez bon,
Elle a l’esprit malin. J’ai plus de confiance Dans Hortense sa sœur. .
L’une et l’autre s’avance.