‹ Le babillardChapitre 4 sur 356 · CLARICE, DAPHNÉ, HORTENSE, NÉRINE · texte numérisé non relu

CLARICE, DAPHNÉ, HORTENSE, NÉRINE

DAPHNÉ, à Clarice.

Quoi ! vous’ vous mariez, et ne m’en dites rien.

A moi, votre voisine ! Oh ! cela n’est pas bien.

CLARICE

Mais vous me surprenez avec cette nouvelle.

DAPHNÉ

A quoi bon le cacher? Soyez plus naturelle.

Vous sortez du veuvage, il n’est rien de plus sûr.

CLARICE

Qui peut vous l’avoir dit?

DAPHNÉ

Votre mari futur.

Dès demain au plus tard vous épousez Léandrc.

HORTENSE

C'est un bruit que lui-même a grand soin de répandre Ce n’est plus un secret.

Il est bon là, ma foi !

CLARICE

Vous êtes là-dessus plus savantes que moi.

Je sais, pour m’obtenir, qu’il fait agir Ismène,

Mais je ne croyais pas la chose si prochaine. Léandre, le premier, aurait dû m’avertir,

Et la seule raison m’y fera consentir.

Comme mon coeur rejette au fond cette alliance,

Vous devez l’une et l’autre excuser mon silence.

J’ai même appréhendé qu’avec juste raison Daphné ne badinât d’une telle union;

Et, pour preuve qu’ici j’agis avec franchise,

Je vous prie instamment d’en parler à Céphise,

Pour la faire changer de résolution :

Je ne vous aurai pas peu d’obligation.

HORTENSE

Dès que je la verrai, fiez-vous à mon zèle ;

Comptez que je ferai mon possible auprès d’elle.

CLARICE

Ecoutez cependant, je dois vous avertir Que Léandre chez moi va bientôt revenir.

S’il nous rencontre ensemble...

Eh ! vous n’avez que faire De vous presser, sachant quel est son caractère.

Il est chargé pour vous d’une commission,

Mais il ne quitte pas sitôt une maison.

Il dit toujours: Je sors, et toujours il demeure.

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