‹ Le babillardChapitre 307 sur 356 · LUCINDE, ÉRASTE · texte numérisé non relu

LUCINDE, ÉRASTE

„ LUCINDE

Éraste, je vous cherche.

ÉRASTE

Et je ne vous fuis pas,

Malgré tout le danger de revoir vos appas.

LUCINDE

Marton vient de m’appendre un secret qui m’enchante; Léandre est amoureux.

ÉRASTE

De vous?

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LE SAGE ÉTOURDI

LUGINDE.

Non, de ma tante.

Il aspire à sa main : puisse-t-il l’épouser !

Mon transport...

Le dépit pourrait bien le causer.

LUGINDE.

Non, ma joie est sincère, et doit faire la vôtre :

Nous en serons, monsieur, plus libres l’un et l'autre.

ÉRA STE.

Moi, je le serai moins ; rien ne me retenant,

11 faut que je vous aime indispensablement.

LUGINDE.

Je vous l’ai déjà dit, je crains peu la menaoe :

Votre cœur n’oserait...

ÉRASTE

Il aura cette audace :

Le moindre mot flatteur lui fait franchir le pas,

Je vous en avertis, ne vous y jouez pas.

LUGINDE.

Mais le respect suivra votre flamme naissante.

ÉRASTE

Oui.

LUGINDE.

S’il est vrai, ce pas n’a rien qui m’épouvante. Eraste, vous pouvez le franchir hardiment ;

Et c’est sans badiner que je parle à présent. L’amour respectueux flatte plus qu’il n’irrite,

Et peut tout espérer, aidé d’un vrai mérite.

ÉRASTE

Vous changeriez de ton, si vous me connaissiez; Loin d’écouter mes vœux, vous les rejetteriez. Sachez que mon amour sera d’un caractère Qui va vous effrayer ; je dois être sincère :

Ce feu, né malgré moi, va vous désespérer :

Je vais dans mes transports, je vais... vous adorer.

LUCINDE

Adorez : en amour l’excès jamais n’offense.

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