‹ Le babillardChapitre 308 sur 356 · ACTE III, SCÈNE VII · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE VII

ÉRASTE

Ma flamme ira pour vous jusqu’à l’extravagance.

LUCINDE

Ah ! vous flattez mon cœur par l’endroit le plus doux.

ÉRASTE

Attendez-vous sans cesse aux accès les plus fous.

LUCINDE

Bon! je suis pour l’amour qui tient de la manie : Quand on m’aime, je veux qu’on m’aime à la folie,

Et que l’on extravague.

Eh bien ! en ce cas-là,

Vos vœux seront remplis. J’extravague déjà ;

Je vais être constant au point d’être incommode.

LUCINDE

Quoi! vous serez fidèle en dépit de la mode?

Que vous redoublerez mon estime pour vous !

ÉRASTE

Pour comble de tourment, mon cœur sera jaloux.

LUCINDE

Jaloux ?

ÉRASTE

A la fureur.

LUCINDE

Ma joie est incroyable,

Et ce trait à mes yeux va vous rendre adorable. La jalousie, Eraste, est le sel de l’amour ;

Il est fade sans elle, et n’a qu’un froid retour. Elle en est, qui plus est, la preuve convaincante, li faut qu’elle soit même injuste, extravagante : CeTe qui ne l’est, pas est digne de mépris.

Plus elle est mal fondée, et plus elle a de prix.

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