LÉANDRE, ÉRASTE, LUCINDE, MARTON, FRONTIN
LÉANDRE
Que vois-je ! quel coup d’œil ! l’attitude est charmante 1
LE SAGE ÉTOURDI
(A Éraste.)
Non ; demeure à ses pieds ; ce spectacle m’enchante ; C’est où je te voulais pour ta gloire et mon bien.
ÉRASTE
S’il tient à ma défaite, il n’y manque plus rien.
Hem ! tu ne pars donc plus?
ÉRASTE
Non; je t’en remercie ;
Je te dois et ma joie et mon être et ma vie.
LÉANDRE
Ta fière indépendance avec ta liberté N’est donc plus un trésor par toi si regretté?
ÉRASTE
Non. J’étais insensé ; quelle foli^ extrême De meltre son bonheur dans un si faux système !
Eh ! peut-on être heureux quand l’âme ne sent rien ? C’est dans le sentiment qu’est le souverain bien.
Oui, c’est lui seul qui touche, intéresse, remue,
Qui fait passer du cœur son charme dans la vue ; L’amour en est le père, il peut seul l’animer ;
Et pour savoir sentir il faut savoir aimer.
LÉANDRE
Je suis. ..
MARTON
Vous oubliez que le péril vous presse, Et que, pour vous unir, madame attend sa nièce.
ÉRASTE
Une juste frayeur succède à mon transport ! Eliante et ton père...
A présent je suis fort.
N’appréhende plus rien ni de l’un ni de l’autre.
ÉRASTE
Ton hymen..,
LÉANDRE
Je le romps pour conclure le vôtre.
Du succès, mes amis, je ne dois plus douter, Eliante... Elle vient.