ÉRASTE, ORONTE, LÉANDRE, ÉLIANTE, LUCINDE, MARTON, FRONTIN
ÉRASTE
Oui, mon bonheur dépend d’être votre neveu.
Jugez de mon amour, puisqu’il fait cet aveu.
LE SAGE ÉTOURDI
ÉLIANTE
II m’étonne en effet! Que ma nièce prononce,
Mon sentiment sera conforme à sa réponse.
ORONTE
Elle doit le choisir; mais à condition
Que pour mieux cimenter cette heureuse union,
Il va prendre une charge, et remplir son mérite. L’Etat y doit gagner, et tout l’en sollicite.
ÉRASTE
Pour obtenir sa main, à tout je me soumets.
LÉANDRE , à Lucinde.
La France vous sera redevable à jamais.
ÉLIANTE, à Lucinde.
Acceptez-vous monsieur? Rompez donc ce silence, Répondez.
LUCINDE
Ma tante... Oui, pour le bien de la France.
LÉANDRE, à Éliante.
Ce miracle, pourtant, c’est moi qui l’ai produit;
De cette tête folle il est le sage fruit.
J’attends de cet effort la juste récompense.
Elle est en votre main. Votre âme encor balance? Mais vous ne pouvez plus reculer mon bonheur.
Mon père, mon amour, tout parle en ma faveur.
ORONTE, à Éliante.
Formez ce double nœud.
La raison...
ELIANTE.
Le puis-je avec décence?
LÉANDRE
Est pour moi.
ÉLIANTE
Le peu de convenance...
ORONTE
La différence d’âge est faible entre vous deux.
Et d’un second hymen le ridicule affreux.
LÉANDRE
D’une humeur trop sévère, oh ! vous donnez des preuves.