‹ Le babillardChapitre 328 sur 356 · ACTE I, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE VI

(A part.)

Je n’en suis point du tout.

C O NSTANCE.

Eh bien ! sur cette affaire, Que me conseillez-vous ? Parlez.

BELFORT

De n’en rien faire.

CONSTANCE

Mais ce parti pour moi paraît avantageux.

BELFORT

Fauster a soixante ans; de plus, il est goutteux,

Et ce serait un meurtre : ô ma belle cousine !

CONSTANCE

Songez, mon cher parent, que je suis orpheline.

Et sans biens...

BELFORT

Vos yeux seuls valent des millions

CO N STANCE

Ce n’est qu’un doux propos ; et des réflexions Plus sage...

BELFORT

Sentez mieux tout le prix d’être aimable. J’ai pour vous, moi qui parle, un parti plus sortable, Et préférable en tout à votre vieux Fauster.

Celui dont il s’agit a beaucoup de mon air :

Il est de mon humeur, au printemps de son âge;

Il doit sur son rival avoir tout l’avantage ;

Il est plus généreux, et non moins opulent,

D’aussi bonne maison, et beaucoup plus galant.

CONSTANCE

Mais, milord, Fauster m’aime.

BELFORT

Et l’autre vous adore,

Je vous apprends pour lui ce secret qu’on ignore. Attendant que pour tel il s’ose présenter,

Cousine, il m’a chargé de le représenter.

De cet emploi charmant je m’acquitte avec joie. Souffrez qu’à vos regards mon transport se déploie,

Et persuadez-vous, dans cet heureux moment,

Ci L’ÉPOUX PAR SUPERCHERIE

Que je suis en effet moi-même votre amant.

En cette qualité j'ose, belle Constance,

Vous déclarer un feu si plein de violence,

Que les flots d’un torrent sont moins impétueux;

Et ma rapide ardeur...

CONSTANCE

Passe vite comme eux.

BELFORT

Non. Votre nom, Constance, en fait le caractère ;

Elle sera durable, autant qu'elle est sincère ;

Et mon cœur...

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