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LE MARQUIS, BELFORT, ÉMILIE, CONSTANCE, LA FLEUR

EMILIE, à Belfort.

Monsieur, me voilà prête à marcher sur vos pas,

Et j’ai tout disposé pour ne vous quitter pas.

BELFORT

Un tel empressement de votre part me flatte ;

Mais, madame, je pars pour affaire à la hâte;

Et vous me jetteriez dans un dérangement...

EMILIE

Je vous prouve par là mon tendre attachement.

BELFORT

Mon cœur en est touché d’une façon très-vive ;

Mais...

EMILIE

Quoi que vous disiez, il faut que je vous suive.

BELFORT

Vous m’embarrassez fort. Je n’ose commander];

Mais je vous prie en grâce, et daignez m’accorder Ce qu’un juste motif...

EMILIE

Ma raison est meilleure.

BELFORT

Constance, le marquis, tout le monde demeure.

L’ÉPOUX PAR SUPERCHERIE

Excusez-moi, monsieur; nous allons tous partir. Avec milord Fauster Constance va s’unir.

Et puisqu’au parlement vous allez prendre place,

Je dois suivre vos pas. J’aurais mauvaise grâce De rester seule ici quand vous serez absent.

Pour monsieur, vous savez très-positivement Qu’il y peut demeurer beaucoup moins que personne.

BELFORT

Il le peut comme ami.

EMILIE

Puisqu’il l’est, je m’étonne Que vous ne pressiez pas vous-même son départ,

Qui, pour son propre bien, ne veut point de retard,

CONSTANCE

Milord, à ce discours il n’est point de réplique. Partons.

BELFORT

Pardonnez-moi. Je dois...

EMILIE, montrant La Fleur.

Ce domestique,

Pour hâter son rappel, exprès est envoyé ;

Et vous êtes instruit, puisqu’il l’a publié,

Que l’hymen de son maître en France se dispose.

LA FLEUR, à part.

J’ai tout gâté tantôt, et réparons la chose.

EMILIE

N’cst-il pas vrai, La Fleur, que son père l’attend Pour former ce lien ?

LA FLEUR

Oui, rien n’est plus constant.

Mais j’ai, depuis tantôt, appris une nouvelle Qui change ce projet et fait taire mon zèle.

Ici, depuis trois jours, mon maître est marié,

EMILIE

LA FLEUR

Comme vous je me suis récrié.

Marié !

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